Mouton

C’est par le témoignage de Jean le Baptiste que l’évangéliste saint Jean nous relate le baptême de Jésus. Cela permet à l’auteur de porter l’attention du lecteur sur la personne même de Jésus.

Jean le Baptiste a passés à vie à préparer la venue de Jésus : par ses paroles, par ses actes, il a cherché à ouvrir le cœur des hommes à la venue de Jésus. Pour cela, il n’a cessé d’inviter à la conversion et à la purification avec cet acte fort du baptême dans les eaux du Jourdain. Il espérait cette rencontre pour lui-même mais aussi pour ses contemporains. Et voilà qu’il voit Jésus venir vers lui ! La prière du psalmiste s’est accomplie pour lui : « D’un grand espoir j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi pour entendre mon cri. » (Psaume 39,2) « Beaucoup d’hommes verront, ils craindront, ils auront foi dans le Seigneur. » (Psaume 39,4)

Cette rencontre entre les deux hommes est prémisses d’autres rencontres : André et l’autre disciple, Pierre et les autres disciples… mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui encore, écoute l’Évangile et y adhèrent de tout leur cœur.

Jean le Baptiste voit Jésus venir à lui : cette démarche est significative de toutes les rencontres avec le Christ. Ce n’est pas nous qui allons vers lui mais c’est lui qui vient vers nous. Nous pouvons alors repenser au mystère de Noël que nous venons de célébrer : Jésus vient habiter au milieu de nous, il se fait l’un de nous. C’est que saint Paul écrit aux Philippiens : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Philippiens 2,6-7) Jésus est descendu chez nous, il se fait l’un de nous, il se fait frère, ami, sauveur… mais nous ne sommes pas habitués à la rencontre du Seigneur si bien que lorsqu’il vient à nous, nous avons du mal à l’accueillir. Alors, comment se rendre compte que le Seigneur vient parmi nous ? Comment ne pas lui fermer la porte ?

Laissons-nous guider par Jean le Baptiste ! En voyant Jésus, il a une expression étrange. Il dit : « je ne le connaissais pas » (Jean 1,31). Expression étrange car ils sont tous les deux cousins et ils n’ont que six mois d’écart. Si Jean connaissait les traits physiques de son cousin, il avait, en fait, besoin d’une connaissance plus profonde, d’une rencontre spirituelle, plus intime avec lui. Il a accepté de se mettre à l’école de Jésus en le baptisant. Cela lui a permis d’accueillir le témoignage de l’Esprit Saint rendu à Jésus et de faire une authentique confession de foi : « C’est lui le Fils de Dieu. » (Jean 1,34)

Il en est de même pour nous. Notre connaissance du Seigneur risque d’être une connaissance intellectuelle : je connais l’Évangile, je connais Jésus et je peux vous dire plein de choses sur lui… mais c’est a une connaissance plus profonde que nous sommes appelés. C’est à une connaissance du cœur, avec le cœur. Par cette connaissance, nous verrons le Christ Jésus s’approcher de nous. Nous verrons « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jean 1,29), c’est-à-dire celui qui prend sur lui nos fatigues, nos angoisses, nos doutes, nos souffrances, nos jougs et nos péchés. Entrer dans une connaissance amoureuse de Jésus, c’est véritablement le laisser venir à nous, le laisser établir son règne en nous… et cette connaissance, nous n’en sommes qu’au début… plus je laisse Jésus venir à moi, plus je m’aperçois que je suis loin de lui et plus j’ai envie de m’en approcher !

Laissons Jésus s’approcher de nous. Pour cela, sachons rejoindre Jean le Baptiste au désert c’est-à-dire à l’écart : prenons le temps du silence et de la prière quotidienne, prenons le temps d’une connaissance amoureuse toujours plus grande avec le Christ. Je n’en suis encore qu’au b.a ba mais ce que le Seigneur me laisse entrevoir de sa venue vers moi me mets le cœur en paix, en joie. « Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. » (Psaume 39,4). Oui, laisser le Seigneur venir à soi et apprendre à l’accueillir est le plus grand des bonheurs ! Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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