« Vous êtes le sel de la terre… » (Matthieu 5,13), « vous êtes la lumière du monde… » (Matthieu 5,14). Ces affirmations, que Jésus adresse à ses disciples, sont faites au tout début de son enseignement. Elles sont donc à comprendre comme une présentation de ce que doit être un disciple du Christ. Nous devons tendre à être sel de la terre et lumière du monde.Ces paroles du Christ, chers fiancés, vous les entendez dans le cadre de votre préparation au mariage, à l’aube de ce chemin que vous vous apprêtez à prendre par le sacrement du mariage. En choisissant de devenir disciple de Jésus-Christ comme mari et femme et comme père et mère, vous vous engagez à être le sel de la terre et la lumière du monde.

En tout premier lieu, vous l’êtes pour celui ou celle à qui vous allez donner votre vie de façon exclusive. Ensuite, vous l’êtes en tant que couple, que famille, pour celles et ceux qui vous entourent, pour le monde dans lequel nous vivons !

Le sel a pour mission de relever le goût des aliments. Pour cela, il en faut suffisamment pour avoir un juste goût, mais il n’en faut pas trop pour ne pas étouffer le goût ! Mari ou femme, vous donnez votre vie à votre conjoint pour relever le goût de sa vie, pour qu’il goûte la saveur de la vie par l’amour que vous lui portez, par votre présence aimante et attentionnée. En devenant parents, vous le serez pour vos enfants ! En tant que couple, que cellule familiale, vous l’êtes pour celles et ceux qui vous entourent : famille, amis, collègues de travail, voisins…

La lumière éclaire, réchauffe. C’est elle qui me permet de voir clair et d’avancer sur le chemin de la vie. Elle chasse l’obscurité pour faire place à la vérité. Elle permet de révéler mon visage, ce que je suis… Ainsi la présence de l’autre au sein du couple, ainsi la présence du couple au sein de la famille, ainsi la présence de la famille au cœur de la société.

Comme être sel de la terre et lumière du monde ? Le prophète Isaïe nous a donné la réponse dans la première lecture. En premier lieu, entre conjoints et au cœur de la famille, pour être sel de la terre et lumière du monde, « fait disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante. » (Isaïe 58,9) Combien de charges, combien de gestes, combien de paroles ont tué des couples et des familles entières ? Choisir de devenir mari et femme par le sacrement de mariage, c’est accepter et choisir de bannir de chez soi le joug, le geste accusateur et la Parole malfaisante pour ne garder que la bienveillance et la bonté.

N’oublions pas les autres conseils du prophète Isaïe : « partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable » (Isaïe 58,7). Ces conseils nous permettrons d’être véritablement le sel de la terre et la lumière du monde. Ne pas essayer de vivre ces conseils, c’est s’affadir, c’est laisser la lumière vaciller ! Mais surtout, vivre ces conseils d’Isaïe, c’est bien plus qu’être le sel de la terre et la lumière du monde : c’est accueillir, recevoir Celui qui est la lumière du monde et le sel de la terre, Jésus-Christ lui-même!

Oui, Jésus est le sel de la terre, la lumière du monde. Dans les sacrements, il se donne à nous pour relever le goût de notre vie, pour l’éclairer ! Il se donne à nous au baptême pour que nous soyons enfant de Dieu. Il se donne à nous à la confirmation pour qu’à notre tour, nous soyons sel de la terre et lumière du monde. Il se donne à nous dans le sacrement du mariage ou de l’ordre pour que nous le soyons comme mari et femme, père et mère ou comme ministre ordonné. Il se donne à nous dans le sacrement de la réconciliation et le sacrement des malades quand le sel s’affadit ou que la lumière décroît par notre péché ou la maladie. Il se donne à nous dans l’Eucharistie pour nous nourrir et nous fortifier au quotidien!

Devenir le sel de la terre et la lumière du monde n’est donc pas de l’orgueil. C’est chercher, tout simplement à laisser la grâce de Dieu reçue dans le sacrement s’épanouir en nous, se déployer et répondre à l’appel de mon baptême : la sainteté ! Mais Dieu ne fera pas sans nous… il ne le fera pas si nous le laissons à la porte de notre vie sans le laisser entrer car il est le sel de la terre et la lumière du monde ! Amen.

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