Job 38,1.8-11 ; Ps 106 (107) ; 2 Co 5, 14-17 ; Mc 4, 35-41

«Qui est-il donc pour que même le vent et la mer lui obéissent?» Les disciples ont de quoi s’interroger alors que Jésus vient de calmer les éléments déchaînés. «Il y eut une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d’eau.». Et voilà que la crainte des apôtres n’est pas calmée devant la réaction de Jésus: «Silence, tais-toi!» qui fait tomber le vent et revenir le calme. C’est aussi par ces mêmes mots que Jésus a chassé un démon à Capharnaüm (Mc 1, 25)

«Qui est-il donc cet homme?» Cette question traverse tout l’évangile selon saint Marc. Cependant, dans la question de ce jour, nous avons déjà la réponse! Il a pouvoir sur la mer… il nous faut alors réentendre la 1ère lecture de ce jour, au livre de Job: «Du milieu de la tempête, le Seigneur dit à Job : Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein de l’abîme ; quand je fis de la nuée son vêtement, et l’enveloppai de nuages pour lui servir de langes ; quand je lui imposai des limites, et que je disposai les portes et leurs verrous ? Je lui dis : ‘Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ! » Et le psalmiste de chanter : « Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse, réduisant la tempête au silence, faisant taire les vagues.»
En posant la question « Qui est-il donc pour que même le vent et la mer lui obéissent ? », les disciples ont trouvé la réponse : cet homme est Dieu ! Ils sont donc saisi de la crainte qui saisi tout homme qui se trouve en présence de Dieu (nous pouvons penser à Moïse, Elie et tant d’autres qui ont fait cette même expérience).
Nous pouvons alors nous étonner de la réaction de Jésus réveillé par les disciples : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » Etonnant étonnement de Jésus ! Comment interpréter ces reproches ?
La peur de la tempête, du bateau mal maîtrisé, la peur du naufrage est simplement une prise de conscience de nos limites, de notre impuissance. Devant ces situations, dans les tempêtes de nos vies, les tempêtes de notre monde qui secouent fortement notre barque, nous avons vite fait d’avoir peur. La prise de conscience de nos limites, de notre faiblesse, de nos pauvretés est pourtant le début de la sagesse…
Dans les tempêtes de nos vies, dans les tempêtes de notre monde, comme les disciples nous sommes tentés de poser la question « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Laissons alors Jésus nous interroger sur notre impuissance elle-même qui est pour Lui, un manque de foi. Il ne s’agit pas de prendre nos rêves pour des réalités et de nous croire tout-puissants. Il s’agit d’avoir la foi, c’est-à-dire de croire qu’en Jésus nous pouvons tout.
Réentendons Paul, dans la seconde lecture, nous dire : « L’amour du Christ nous saisi » littéralement « nous empoigne ». Rien ne peut donc nous séparer de cet amour dans lequel nous sommes plongés depuis notre baptême. Cet amour qui nous tient, nous fait aller de l’avant : « Allez donc… », « Avance au large… »
« Si donc quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » Oui, depuis le jour notre baptême, par la mort et la résurrection du Christ, nous sommes dans la création nouvelle. Désormais, nous vivons de la vie du Ressuscité. Une vie faite de solidarité, de partage ; une vie à l’image de celle du Christ : une vie de service des autres. Greffés sur le Christ, nous ne risquons plus rien. Et pour répondre à une question posée à quelques milliers de terminales, jeudi dernier : il est absurde de désirer l’impossible… car avec le Christ, l’impossible n’est pas chrétien ! (J’espère que vous n’avez pas répondu cela brut de décoffrage… La sainte république laïque ne sera pas contente car c’est plus une thèse de théologie qu’une disserte de philo !)
Oui, ensemble, prenons conscience que par la mort et la résurrection du Christ, que depuis notre baptême, nous sommes passés sur l’autre rive ! Puissions-nous chanter avec Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi »

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