2 R 4, 42-44 ; Psme 144(145) ; Ep 4, 1-6 ; Jn 6, 1-15

La suite logique de l’évangile de dimanche dernier aurait été de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains en saint Marc. Cependant, c’est à partir de l’évangile selon saint Jean que la liturgie nous donne de méditer ce miracle important de la vie de Jésus.
Ce miracle de Jésus, les quatre évangélistes nous le relatent. Chacun le fait en soulignant ce qu’il y a d’important pour lui, en fonction de la catéchèse qu’il veut faire à la communauté à laquelle il s’adresse. Il s’agit bien du même et unique évènement, un évènement marquant pour la vie des disciples.
En le méditant à partir de l’évangile selon saint Jean, nous avons là notre feuilleton de l’été : le miracle de la multiplication des pains aujourd’hui et le récit du pain de vie pour les quatre prochains dimanches.
Dans l’évangile, comme dans la première lecture, c’est avec peu qu’une multitude va être rassasiée. Vingt pains d’orge et du grain frai d’une part, cinq pains d’orge et deux poissons d’autre part vont nourrir une multitude et même plus puisqu’il en restera dans les deux cas.
Non, ce n’est pas un remake du livre de la Jungle : « Il en faut peu pour être heureux ! »… c’est simplement le signe que Dieu ne regarde pas à la quantité de ce que nous apportons. Pour lui, l’important est que nous fournissions quelque chose, que nous fassions de notre mieux. Oui, de notre mieux ! Dieu ne veut rien faire sans la contribution humaine, surtout quand il s’agit de notre salut.
Dieu ne nous remplace pas, il ne se substitue pas à l’homme. Il nous a confié la mission de faire croître et de multiplier ses propres dons. Il nous invite à contribuer à son œuvre. Cette contribution commence par le partage de bien concret avec ceux qui en ont besoin.
Nous pourrions être comme Philippe et nous demander où trouver de quoi subvenir aux besoins de la foule… cette contribution commence par le don et l’abandon confiant dans les mains du Père. Comme Jésus, le chrétien est appelé à se lancer sans peur sur le chemin du don parce que le soutien divin ne lui fera jamais défaut. A celui qui cherche avec générosité et sincérité à actualiser le Royaume de Dieu et qui garde les yeux fixés sur le Seigneur, l’aide de Dieu arrivera toujours à temps : « Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit » (cf. Psaume).
Il nous faut donc faire l’expérience de la pauvreté. C’est-à-dire découvrir que ce ne sont pas nos talents et nos richesses humaines qui sont nos meilleurs alliés mais notre confiance indéfectible en Celui qui est notre unique richesse. C’est quand j’atteints les limites de mon humanité, quand je connais les pauvretés de ma personne, que je suis en état de mettre ma foi dans la force de Dieu. Ainsi, je m’en remet à la Providence.
S’en remettre à la Providence ne consiste pas à s’abandonner aveuglément aux courants de la vie en espérant que Dieu interviendra en se manifestant spectaculairement au moment opportun. Se fier à la Providence c’est chercher de toutes ses forces à actualiser le règne de Dieu et sa justice en croyant que rien de nous manquera si nous demeurons dans la docilité à la volonté du Seigneur.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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