Homélie pour la fête de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

"A Dieu, tout est possible"... à l'école de Sainte Thérèse

Ste Thérèse de l'EJ

Au lendemain de la fête de la saint Firmin, nous fêtons, aujourd’hui, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Alors que notre évêque vient de proclamer les décrets du synode au travers de sa lettre pastorale « A Dieu, tout est possible »(Marc 10,27), sainte Thérèse est un des plus beaux exemples pour mettre en œuvre ces décrets !

En effet, nous sommes invités à vivre la fraternité missionnaire. Qui mieux que Thérèse l’a vécue ? Nous pouvons la regarder au cœur de sa famille de sang : avec ses parents, avec ses sœurs, nous avons un bel exemple de vie familiale. Et pourtant cette vie familiale n’a pas été épargnée par les épreuves et les difficultés de relation… mais l’amour y est toujours resté premier.

Nous pouvons contempler sainte Thérèse dans sa vie religieuse. Il ne peut exister de vie communautaire sans que la vie fraternelle soit au centre. Cette vie fraternelle est parfois poil à gratter, rugueuse… mais sans elle, il est difficile, voire impossible de vivre une fraternité évangélique authentique. Nous pouvons penser à l’attitude de sainte Thérèse vis-à-vis de sœur Thérèse de Saint Augustin :

« Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses, ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables, cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au Bon Dieu, aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres ; alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais, je priais le Bon Dieu pour elle, Lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n’est pas d’artiste qui n’aime à recevoir des louanges de ses œuvres et Jésus l’Artiste des âmes est heureux lorsqu’on ne s’arrête pas à l’extérieur, mais que pénétrant jusqu’au sanctuaire intime qu’il s’est choisi pour demeure, on en admire la beauté. Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation, car il est dit dans l’Imitation : Il vaut mieux laisser chacun dans son sentiment que de s’arrêter à contester.

Souvent aussi, lorsque je n’étais pas à la récréation (je veux dire pendant les heures de travail), ayant quelques rapports d’emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m’enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n’a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m’est agréable. Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content : “Voudriez-vous me dire, ma sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ?” Ah ! ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme… Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer… Je lui répondis que je souriais parce que j’étais contente de la voir (bien entendu je n’ajoutai pas que c’était au point de vue spirituel). »(Manuscrit C, 13v°-14r°))

Cette fraternité, sainte Thérèse avait compris qu’elle ne pouvait pas la vivre sans qu’elle soit enracinée dans la prière, nourrie par l’oraison (ce cœur à cœur amoureux avec Dieu), l’Eucharistie et la réconciliation. C’est là que Thérèse se recevait comme enfant de Dieu, c’est là qu’elle découvrait la paternité de Dieu et l’amour fraternel du Christ. Habitée par l’Esprit-Saint, elle avait à cœur de vivre cette fraternité à plein avec celles et ceux qui l’entourait. Thérèse, forte de cette fraternité vécue au cœur de son couvent, forte de cet amour de Dieu qui l’animait, est devenue patronne des missions !

Que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face soit un exemple, un modèle pour chacun d’entre nous afin de mettre en œuvre, de vivre au cœur de notre diocèse, les décrets du synode promulgués hier.

Mes chères sœurs, vous êtes les premières dans le diocèse à vivre cet enseignement de sainte Thérèse… soyez pour nous, ce lieu où chaque baptisé du diocèse, chaque communauté puisse venir puiser la foi, l’espérance et la charité pour une fraternité sans cesse renouvelée. Et que sainte Thérèse nous entraine à sa suite ! « A Dieu, tout est possible »(Marc 10,27)

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