Les vacances et les fêtes se terminent. Il va nous falloir reprendre courageusement le chemin de la vie ordinaire… heureusement que la galette des rois de ce jour va nous donner un dernier petit air de fête! Mais que fêtons-nous aujourd’hui? Une visite particulière.

Voilà que « des mages venus d’Orient » (Matthieu 2,1) « entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère; et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 2,11) Mais quelle aventure pour arriver jusque là! Comme GPS, ces braves mages n’avaient qu’une étoile. Cette étoile, c’était leur boulot de regarder les étoiles, ils l’ont vu se lever à l’Orient. D’après leur science, celle-ci n’était pas commune à toutes les autres. Elle annonçait que quelqu’un de grand, d’important venait de naître. Et ils ont cherché qui est celui que révèle cette étoile. Pour cela, ils se sont mis en route. Ils se sont mis en marche et les rois-mages, en Galilée, ont suivi l’étoile du Berger… N’est-ce pas formidable? Voilà des hommes de science qui sont capables de discerner dans leur art un appel à se mettre en route, à partir à la rencontre de Celui qui est à la source de leur découverte. Ils ne savent pas encore que cela sera pour eux un pèlerinage et un chemin de conversion. Mais avec intelligence, ils se laissent interroger par leur science et leur découverte.

Dans leur cheminement, ils sont obligés de s’ouvrir aux autres. Les GPS de l’époque n’étant pas encore au point, ils ont été obligés de demander leur route. Pour découvrir leur destination, ils demandent conseil: « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? » (Matthieu 2,2) Cette question a de quoi bouleverser leurs interlocuteurs: le roi des Juifs, c’est le Christ, le Messie qu’attend le peuple d’Israël. Le roi des Juifs, le Christ, le Messie, c’est la fin des haricots pour le roi Hérode: il ressent la naissance de cet enfant comme une menace pour son pouvoir. La jalousie, la peur éclatent alors dans son cœur. Il faut trouver où est né ce grand rival! Et pour répondre à la question sur le lieu de la naissance du roi qui vient de naître, il a besoin du secours des Écritures, de la Parole de Dieu.

Si Hérode a l’intention de se servir des Écritures pour monter un sombre plan machiavélique de mise à mort de tous les enfants de l’époque, c’est dans cette même Parole que les mages mettent leur foi et ainsi arriver au but de leur quête. Leur science, éclairée par la Parole de Dieu, va leur permettre de découvrir et de se prosterner devant Jésus, devant l’Enfant-Dieu, devant Dieu fait homme… et cela les réjouit d’une très grande joie (Matthieu 2,10). La rencontre avec l’enfant et Marie sa mère est pour eux une très grande joie. Leur chemin de retour en sera transformé après qu’ils aient pu offrir leurs biens au Seigneur.

Quelle leçon pour nous aujourd’hui? Voici ce que dit le pape François: « Dans ce parcours des Mages d‘Orient se trouve symbolisé le destin de tout homme: notre vie est un cheminement, nous qui sommes illuminés par les lumières qui éclairent la route, pour trouver la plénitude de la vérité et de l’amour, que nous chrétiens nous reconnaissons en Jésus, Lumière du monde. Et tout homme, comme les Mages, a à sa disposition deux grands « livres » d’où tirer les signes pour s’orienter dans le pèlerinage: le livre de la création et le livre des saintes Écritures. L’important est d’être attentifs, de veiller, d’écouter Dieu qui nous parle, qui nous parle toujours. Comme dit le psaume, se référant à la Loi du Seigneur: « Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route » (Ps 119, 105). Écouter l’Évangile, le lire, le méditer et en faire notre nourriture spirituelle nous permet spécialement de rencontrer Jésus vivant, d’apprendre de lui et de son amour. » (Homélie pour la fête de l’Epiphanie 2014)

Ainsi « en la fête de l’Épiphanie, où nous rappelons la manifestation de Jésus à l’humanité dans le visage d’un Enfant, nous sentons près de nous les Mages, comme de sages compagnons de route. Leur exemple nous aide à lever les yeux vers l’étoile et à suivre les grands désirs de notre cœur. Ils nous enseignent à ne pas nous contenter d’une vie médiocre, « sans envergure », mais à nous laisser toujours fasciner par ce qui est bon, vrai, beau… par Dieu, que tout cela il est de façon toujours plus grande ! Et ils nous enseignent à ne pas nous laisser tromper par les apparences, par ce qui pour le monde est grand, sage, puissant. Il ne faut pas s’arrêter là. Il est nécessaire de garder la foi. À notre époque cela est très important : garder la foi. Il faut aller au-delà, au-delà de l’obscurité, au-delà de l’attrait des Sirènes, au-delà de la mondanité, au-delà de tant de modernités qui existent aujourd’hui, aller vers Bethléem, là où, dans la simplicité d’une maison de périphérie, entre une maman et un papa pleins d’amour et de foi, resplendit le Soleil venu d’en-haut, le Roi de l’univers. À l’exemple des Mages, avec nos petites lumières, cherchons la Lumière et gardons la foi. » (Ibid.)

Homélie pour l’Épiphanie

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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