Depuis quelques jours, les moissonneuses-batteuses sont de sortie. C’est la moisson! Il est l’heure de récolter le fruit de son travail et espérons-le du bon grain semé.

Dans l’évangile de ce dimanche, par la parabole du bon grain et de l’ivraie, Jésus nous place dans l’espérance de la moisson. Cette parabole nous fait traverser la question du bien et du mal à laquelle se confronte toute vie humaine. Pourquoi le mal? Pourquoi la souffrance? Pourquoi la mort? Si Dieu est bon pourquoi n’a-t-il pas supprimé tout cela? Pourquoi n’a-t-il pas supprimé le péché?

« Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. » (Matthieu 13,24-25)

Ces deux versets sont riches d’enseignements. Le Christ sème au cœur de notre monde le bon grain. Dieu n’a mis au cœur de la création que ce qui est bon. Quel est l’agriculteur qui sèmerait des chardons ou des ronces au milieu de son blé? Et bien Dieu qui est infiniment bon, n’a pas semé le mal et la souffrance au cœur de la création! C’est un ennemi qui sème le mauvais. Ce dernier agit de nuit pendant que les gens dorment. Autre bonne nouvelle: ce n’est pas du cœur de l’homme ou de la femme que germe le mal mais bien d’un ennemi, un malin, le Malin qui veut détruire l’œuvre de Dieu et qui séduit le cœur de l’être humain quand celui-ci est endormi. Cela nous aide aussi à comprendre pourquoi Jésus nous invite si souvent à rester éveillé.

Par cette parabole, Jésus nous invite aussi à l’espérance. Quoi qu’il arrive la moisson se fera… et ce n’est qu’à ce moment-là que le mauvais, l’ivraie sera jeté au feu. Il ne faut pas prendre le risque de détruire ce qui est bon. Dans toute vie, il y a du bon grain qui pousse et il faut espérer le récolter.

Nous le savons bien, au cœur de toute vie le bon et le mauvais, l’amour et le non-amour, la solidarité et l’individualisme, la douceur et la violence sont entrelacés. Le péché et la grâce sont intimement liés en nos cœurs. Mais au jour de la moisson, le mal sera mis à mal… l’amour l’emportera! L’ivraie n’arrivera pas à étouffer le bon grain. Et comme l’écrit l’auteur de la Sagesse: Dieu a pénétré le cœur de ses enfants d’une belle espérance: à ceux qui ont péché, il accorde la conversion. (Cf. Sagesse 12,19)

Dieu nous supporte imparfaits, Dieu nous supporte avec l’ivraie qui pousse dans nos vies: supportons-le aussi de nous-mêmes et des autres. Et à l’invitation de l’apôtre Paul laissons l’Esprit Saint venir au secours de notre faiblesse: « L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit: il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. » (Romains 8,26-27)

Ouvrons simplement nos vies à la présence de l’Esprit Saint. Dans le silence de la prière, laissons-le nous éclairer pour que nous soyons vigilants et que le bon grain mûrisse dans nos vies personnelles, familiales, sociales, professionnelles… Amen

Homélie pour le 16ème dimanche ordinaire – Année C

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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