Si Julien Clerc a chanté « cœur de rockeur », saint Paul nous écrit, dans la lettre aux Philippiens, « cœur de pasteur » ! Alors qu’il est en prison, saint Paul écrit à la communauté de Philippes pour la soutenir dans l’épreuve qu’elle traverse avec l’emprisonnement de l’apôtre.

Cette lettre est pleine de la passion de Paul pour sa mission d’apôtre, de sa passion pour le Christ et de son affection toute simple et fraternelle pour la communauté chrétienne de Philippes.

Le passage lu, dans la deuxième lecture de ce dimanche, nous relate bien cette double passion de Paul pour le Christ et pour sa mission.

« Vivre, c’est le Christ » (Philippiens 1,21), saint Paul vient nous dire tout simplement que sa vie n’a de consistance qu’avec le Christ ; que sa raison de vivre, c’est le Christ et que sa vie ne s’épanouira que dans la rencontre définitive avec le Christ. Voilà pourquoi mourir est un avantage pour Paul. Le but de notre vie, le but de toute vie est de vivre pleinement, au-delà du passage de la mort, avec le Christ. D’ailleurs, il écrit, et nous l’avons entendu : « Je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c’est bien cela le meilleur ».(Ph 1,23)

Qui ne recherche pas dans sa vie, pour sa vie, ce qu’il y a de meilleur ? Qui ne cherche pas le bonheur ? Or, par les promesses reçues à notre baptême, la vie éternelle avec le Christ nous est promise. En attendant le passage, pour lequel nous devons nous tenir prêt car nous ne savons ni le jour ni l’heure, il nous faut « faire un travail utile ».

Quel est ce travail utile ? « Mener une vie digne de l’Évangile du Christ » (Ph 1,27) et comme nous l’avons chanté avec le psalmiste, de bénir, louer le nom du Seigneur toujours et à jamais, de témoigner que « le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour », que « la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. » (Psaume 144)

Pour cela, nous pouvons réentendre le prophète Isaïe nous inviter à « chercher le Seigneur tant qu’il se laisse trouver », à « l’invoquer tant qu’il est proche ». (Isaïe 55,6) Non pas que le Seigneur ne soit que de passage et qu’il pourrait partir ailleurs. Non, mais que nous ayons goût de le chercher, d’avancer vers Lui, de nous laisser aimer par Lui.

Comment chercher le Seigneur ? En prenant le temps de lire et de prier la Parole de Dieu. En prenant le temps d’approfondir l’enseignement de notre Sainte Mère l’Église. Les jeunes qui ont participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse ont reçu un cadeau personnel du pape : le Youcat, le Catéchisme de l’Église Catholique rédigé pour les jeunes, avec cette invitation du Saint Père : « étudiez le catéchisme. C’est ce que je souhaite de tout mon cœur. (…) Il vous demande de changer de vie. Il vous livre le message de l’Évangile, celui de la « perle fine » (Mt 13,45) pour laquelle on doit tout donner. (…) Vous devez savoir en quoi vous croyez. Vous devez connaître votre foi avec la même précision que celle du spécialiste en informatique qui connait le système d’exploitation d’un ordinateur. Vous devez la comprendre comme un bon musicien comprend sa partition. » Ceci pour affronter avec courage et détermination les défis et les tentations de notre époque. Et notre pape continue quelques lignes plus loin : « Vous avez besoin de l’aide de Dieu, si vous ne voulez pas que votre foi s’évapore comme une goutte de rosée au soleil, si vous ne voulez pas succomber aux séduction de la consommation, ni que votre amour soit entaché par la pornographie, si vous ne voulez pas trahir les faibles et rester indifférents aux victimes de la vie. » (Benoit XVI, préface de Youcat)

Alors que les enfants de la paroisse vont bientôt faire leur rentrée de catéchèse, alors que les jeunes ont reçu l’invitation personnelle du pape à approfondir leur foi… allons-nous rester les bras croisés ? Quelque soit notre âge, il nous faut, comme saint Paul, annoncer l’Évangile au monde, là où nous vivons. Ceci, en nous laissant catéchiser mais aussi en rendant compte de notre propre foi, en témoignant de notre passion pour le Christ. Passion qui se manifeste par la méditation de la Parole de Dieu, la prière silencieuse et l’adoration, le service des plus pauvres, des plus démunis…

Jeunes et vieux, jeunes ou vieux, peu importe l’heure à laquelle le Seigneur nous a embauché… il faut annoncer la Bonne Nouvelle et n’avoir d’autre désir que d’être avec le Christ. C’est là la source du bonheur. Amen.

Homélie pour le 25ème dimanche ordinaire – Année A

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