« A mort ! A mort ! Crucifie-le ! »… Ce cri contre le Christ monte avec force de la foule et semble parfois d’une actualité brulante. Le Christ est mis à mort parce qu’il dérange, parce qu’il nous rappelle sans cesse la force et la beauté de l’amour de Dieu. Aujourd’hui encore, ce cri semble monter du cœur de certains désireux de voir le Christ mort une bonne fois pour toute en voulant faire taire ceux qui ne cessent de nous rappeler l’exigence de l’amour de Dieu. Aujourd’hui encore la haine aveugle et empêche d’accueillir l’amour de Dieu.

Face à cette haine, je pourrais être tenté de sortir le glaive pour défendre l’honneur du Christ et de l’Église. Mais, l’attitude du Christ nous enseigne un tout autre chemin : celui de la prière et de l’amour.

Aujourd’hui, comme le Christ allons au Jardin des Oliviers pour prier le Père. N’ayons pas peur de présenter au Père une prière de supplication à l’image de celle du Christ au moment de l’épreuve. Restons éveillé avec lui !

Au cœur de cette haine contre lui, le Christ nous enseigne le chemin de l’amour, l’amour des ennemis. Pour offrir le Salut à ceux qui le condamne, qui le mette à mort, Jésus porte courageusement sa croix. Et de cette croix s’élèvera cette intercession : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. ».

Et si cette croix nous paraît lourde, trop lourde, et que nous sommes tentés de dire : « Je ne connais pas cet homme », n’ayons pas peur de nous mettre sous le regard miséricordieux du Christ comme le fit l’apôtre Pierre. Si cette croix nous paraît trop lourde, allons auprès de la Vierge Marie au pied de la Croix. Le cœur transpercé par la glaive de la douleur, elle se tient là, vaillante, présentant au Père sa souffrance de mère. Elle se tient là soutenant chacun dans l’épreuve parce qu’elle est tout confiance en la promesse de Dieu qui ne peut laisser tomber son peuple.

En tenant nos rameaux à la main, nous nous souvenons de la mort et de la Résurrection du Christ, et c’est bien parce que nous avons fait l’expérience, un jour, d’être tiré par le Christ de la mort du péché à la Vie de Dieu que nous sommes venus, aujourd’hui, acclamer le Christ : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! ». Oui, c’est en rendant grâce pour cet amour reçu gratuitement de Dieu que nous exultons devant le Christ et que nous étendons nos manteaux sur son passage. C’est de cet amour qu’il nous faut témoigner à temps et à contre temps : cet amour reçu par pure bonté du Père. Il nous faut en témoigner en parole et en acte !

Ce n’est pas de vociférations de haine dont notre monde à besoin, c’est d’un témoignage d’amour. Qui l’offrira au monde si les chrétiens n’accomplissent pas cette mission ? A chacun de témoigner, là où il est et quand cela lui est demandé, de sa rencontre avec le Christ et de cet amour reçu. Mais c’est aussi en communauté, tous ensemble, que nous devons témoigner de cet amour par une charité concrète auprès des plus petits de notre société… Comme le Christ, il nous faut entrer sur ce chemin du dépouillement en prenant la condition de serviteur… C’est sur ce chemin de l’amour de Dieu et du service des pauvres que nous ferons taire les cris de haine pour les transformer en acclamation : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Amen.

Homélie pour le Dimanche des Rameaux et de la Passion – Année A
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