Aujourd’hui, nous faisons mémoire de ce jour où le Christ nous fait le beau cadeau de l’Eucharistie. En ce dernier repas partagé avec ses disciples, Jésus prend du pain et rend grâce en disant : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » puis avec la coupe : « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». C’est ce que nous transmet l’apôtre Paul dans sa première lettre aux Corinthiens et qu’il a lui-même « reçu de la tradition qui vient du Seigneur »

Ce dernier repas du Seigneur Jésus avec ses disciples est marqué, dans l’évangile de Jean, par un autre geste fort que nous allons vivre dans quelques instants : Jésus « se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples… »

Geste surprenant ! Lui, qui est « Maître » et « Seigneur » réalise le geste du serviteur, de l’esclave. Et il nous dit : « Je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Quel est le lien entre l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds ? Ce dernier geste est lui aussi un geste de communion et qui passe par le corps. Il n’est pas toujours facile d’accepter de se laisser laver les pieds par un autre ! De même, venir se mettre aux pieds de quelqu’un pour les lui laver invite à plus d’humilité.

En lavant les pieds de ses disciples, Jésus vient enseigner une façon nouvelle d’exercer l’autorité. L’autorité passe par le service de l’autre. Dans tout l’Évangile, Jésus exerce son autorité debout mais ici, il l’exerce en se mettant à genou pour aider les disciples à se mettre debout !

Le service que nous avons à rendre à l’humanité est d’aider chacun à se remettre debout par le service du plus petit, du plus pauvre, du pécheur, du blessé de la vie… Voilà comment nous sommes invités à exercer notre autorité au cœur du monde. Le geste vécu ce soir, à la suite du Christ, vient bien nous signifier cela. Si le prêtre doit l’être en premier, puisque configuré au Christ de façon toute particulière par son ordination, c’est pour que la communauté chrétienne et chaque baptisé puisse le vivre à son tour. Ainsi, notre communion à la table eucharistique prendra tout son sens.

En cette célébration, nous ne faisons pas que recevoir l’Eucharistie avec le service qu’elle engage pour l’humanité. Nous entrons aussi dans la Pâque comme les Hébreux dans le livre de l’Exode. Nous prenons le repas avant de sortir du pays de l’esclavage. Nous partageons l’agneau pascal et cet agneau est le Christ lui-même. Il s’offre en sacrifice et son sang, qui coulera de la croix, est répandu sur le monde pour que nous ayons la vie. Cette vie éclatera dans la Résurrection du Christ.

Afin d’entrer avec le Christ dans cette offrande, nous sommes invités à venir nous unir à la prière du Christ à Gethsémani lors du temps d’adoration qui suivra notre célébration. Vivre cette Heure Sainte, c’est accompagner le Christ au jardin des Oliviers pour prier avec lui. Il s’agit simplement de demeurer dans la nuit, avec le Christ, dans le silence et la solitude.

Que par la grâce de ces jours saints, nous puissions redécouvrir l’importance de la communion : communion Eucharistique mais aussi communion avec nos frères en humanité par la charité et le service, communion avec le Christ dans le silence de la prière. Amen.

Homélie pour le Jeudi Saint

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