C’est la course ! Il y a de l’agitation dans tous les sens ! Beaucoup de monde et pas de place ! Pas de place pour ce jeune couple dont la femme est sur le point d’accoucher. C’est la crise ! Où et comment l’enfant va-t-il pouvoir naitre sereinement ? Où et comment Marie va-t-elle pouvoir accoucher avec l’intimité nécessaire pour un tel évènement ?

L’évangile nous dit simplement que l’enfant est un garçon et qu’il sera emmailloté et couché dans une mangeoire. Rien d’extraordinaire ! Et pourtant c’est cet évènement qui nous rassemble ce soir. C’est cet évènement qui permet au monde entier de fêter Noël… croyants ou non !

Cet évènement n’est pas qu’un anniversaire à fêter. Il est l’aujourd’hui de notre vie, comme le proclame l’ange aux bergers : « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2,11) C’est ici et maintenant qu’il nous faut accueillir « la grâce de Dieu [qui] s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11)

Oui, cette naissance est une grâce pour aujourd’hui : Dieu épouse notre humanité. Il épouse ma vie, mon histoire. Il vient briser le joug qui pèse sur moi, la barre qui meurtri mon épaule, le bâton du tyran. Il prodigue la joie et fait grandir l’allégresse. Il est « une grande joie pour tout le peuple. » (Luc 2,10)

A la suite des bergers, mais aussi de Marie et Joseph, nous sommes invités à accueillir cette nouvelle. Nous sommes invités à la laisser transformer notre vie. Imitons-les : mettons un genou en terre pour nous prosterner devant l’enfant de la crèche. Quittons nos certitudes ou nos illusions pour retrouver la simplicité et la confiance d’un enfant. Accueillons l’humilité de Dieu qui se donne dans la fragilité d’un nouveau-né.

Aujourd’hui, Dieu offre à chacun la possibilité de le reconnaitre et de l’accueillir dans sa vie. Aujourd’hui, Dieu nous invite à vivre la nativité de Jésus en notre chair pour qu’Il la renouvelle, l’éclaire, la transforme par sa grâce, par sa présence. Et cet enfantement prendra pleinement sens au soir de Pâques, quand nous célébrerons la mort et la résurrection de Jésus. Là, Jésus nous fera passer de la mort du péché à la vie éternelle. En cette nuit-là ce même cri retentira : « Aujourd’hui, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »

La tendresse de Dieu s’abaisse jusqu’à nos limites, nos faiblesses, nos péchés. Elle est couchée là, dans la mangeoire pour devenir la nourriture de notre vie. Dans le Mystère de l’Eucharistie, cœur de la célébration de cette nuit, Jésus est réellement présent. Il descend jusqu’à nous dans le pain et le vin qui deviennent son corps et son sang. Aujourd’hui, comme à chaque Eucharistie, Dieu se donne en nourriture pour que nous participions pleinement à sa vie.

Oui, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11). A la suite des bergers, accueillons cette grâce en répondant à l’invitation de Dieu lui-même de venir l’adorer « coucher dans la mangeoire ». Avec les bergers, entrons dans l’intimité de Marie et de Joseph, dans l’intimité de ces parents qui s’émerveillent de la naissance de leur nouveau-né. Demandons-leurs d’être ce père et cette mère dont nous avons besoin pour grandir dans la foi. Qu’à leur suite, nous apprenions à nous laisser conduire par la Parole de Dieu. Qu’ils nous enseignent comment entrer dans le silence du cœur pour accueillir l’humilité de Dieu, source de la joie authentique.

Dieu « a voulu que l’Ange annonce aux bergers une grande joie : la naissance du Sauveur ; qu’il mette en vos cœurs sa propre joie et vous envoie annoncer son Évangile. » (Bénédiction solennelle pour la Nativité.) Amen.

Nuit de Noël

Année C

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La Parole de Dieu
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