«J’ai fait la FLER* et l’intelligence m’a été donnée.»… Ça je ne me prononcerai pas! Mais, à la fin de ce week-end, nous aurons certainement mieux découvert ce qu’est la pastorale. L’espace de 24h00, nous avons tout quitté pour tout connaitre sur la pastorale mise en place dans le diocèse, pour connaitre les plans d’actions et être sur que ce que nous allons entreprendre dans nos secteurs de responsabilités (paroisses, services, mouvements…) va cartonner, réussir du feu de Dieu! Les lectures de ce dimanche attirent notre attention sur le sens de pastorale qui n’a d’autre but que l’Évangélisation.

La Parole de Dieu que nous venons d’entendre et l’actualité nous disent, ou redisent, que le principal est l’annonce de Jésus-Christ. Une bonne pastorale est l’entrée «dans le mouvement spirituel qui a caractérisé Vatican II pour se l’approprier et lui donner tout son sens. Ce sens fut et demeure la foi en Christ, la foi apostolique, animée par l’élan intérieur qui pousse à annoncer le Christ à chaque homme et à tous les hommes pendant le pèlerinage de l’Église sur les chemins de l’histoire.» (Benoit XVI, homélie d’ouverture de l’Année de la Foi, 11/10/2012)

La Parole de Dieu qui vient d’être proclamée nous donne trois points importants pour aller au coeur de la foi et vivre une rencontre vivifiante avec Jésus.

Dans l’Évangile, la question de l’homme est une question qui habite le coeur de nos contemporains et donc de chacun de nous: «Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?» (Marc 10,17). La réponse qu’apporte Jésus est une réponse exigeante. Il ne suffit pas de vivre uniquement des commandements, même si c’est un bon début. Ce ne sont pas des choix provisoires et révocables qui nous offrent le bonheur. Au contraire, ce sont des choix définitifs et irrévocables et le premier de ces choix est un attachement sans faille au Christ.

L’enjeu de l’Évangélisation est là, pour nous aujourd’hui, et c’est la démarche que Jésus va essayer de faire vivre à son interlocuteur: vivre de ces valeurs ne suffit pas! Si elles ouvrent un chemin et permettent déjà d’être aimé du Christ, «avoir des valeurs», comme nous l’entendons souvent dans une demande de sacrements, ne suffit pas au bonheur. Il faut tout quitter pour le Christ. Il est nécessaire de mettre le Christ au coeur de notre vie et de toutes nos activités! Cela exige parfois de quitter certains biens confortables, de quitter nos maisons paroissiales et nos réunions stériles pour aller annoncer Jésus Christ sur les routes de nos villes et villages.

Le deuxième point nous est donné par la lettre aux Hébreux. Au coeur même de l’évangélisation, donc de la pastorale, se trouve la Parole de Dieu. Elle en est la source et le but. C’est d’elle que nous devons tirer notre dynamisme et nos actions. C’est elle que nous devons annoncer. C’est elle que nous devons mettre en oeuvre en nos vies. Cette Parole est tout simplement vivante, énergique, tranchante, pénétrante, discernante.

N’ayons pas peur d’elle même si elle nous met en question sur notre façon de vivre, sur nos manquements, sur nos pauvretés. Si cette Parole semble nous mettre à nu, heureux sommes-nous car c’est le Christ lui-même qui nous invite à le laisser faire, à le laisser agir en nous et par nous.

Le troisième point nous vient du livre de la Sagesse et du roi Salomon lui-même. «J’ai prié…» (Sagesse 7,7) Voilà la source de l’action de Salomon. Pour entreprendre la mission de gouvernement qui est la sienne, il a commencé par se poser devant le Seigneur dans la prière et ce qui était nécessaire pour sa mission lui a été donné. Dans l’évangile, nous voyons Jésus lui-même passer de longues heures, à l’écart, dans le silence de la prière. C’est dans ce cœur à cœur avec son Père qu’il a puisé ce qui était nécessaire pour sa mission. Nous ne sommes pas plus grands que le maître… notre pastorale ne portera de fruit que dans la mesure où elle trouvera sa source dans la prière, dans un coeur à coeur silencieux avec Dieu. C’est là que sa Parole nous façonnera, c’est là que nous puiserons la force de nous ajuster à la Parole de Dieu. C’est là que nous trouverons la force de témoigner. C’est là que nous trouverons la joie de notre mission, de notre pastorale.

Oui, il ne faut pas avoir peur de s’avancer dans la solitude de la prière, de l’oraison, de l’Adoration. Nous apprendrons à y vivre un dépouillement, un dénûment qui nous fera découvrir l’essentiel: Dieu lui-même. Aller au désert ne nous fera pas peur car nous saurons que c’est là que nous découvrons «la valeur de ce qui est essentielle pour vivre»: je suis profondément aimé de Dieu!

Je ne peux terminer cette homélie sans citer le pape Benoît XVI lors l’homélie de l’ouverture de l’Année de la Foi. Il nous invite à faire l’expérience du désert car «c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin.» (Benoit XVI, homélie d’ouverture de l’Année de la Foi, 11/10/2012) Bonne pastorale à chacun!

*FLER: Formation des Laïcs En Responsabilité.

Homélie du 28ème dimanche ordinaire – Année B
WE de formation pour adultes autour de la notion de « Pastorale »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.