Le désert est le lieu du silence et de la solitude. On y prend de la distance par rapport aux événements quotidiens. On y fuit le bruit et la superficialité. Le désert est le lieu de l’absolu, le lieu de la liberté, où l’homme se trouve affronté à ses ultimes requêtes. Ce n’est pas par hasard que le désert est le lieu de la naissance do monothéisme. En ce sens, c’est le domaine de la grâce. Vidé de ses préoccupations, l’homme y rencontre son Créateur.

Les grandes choses commencent dans le désert, dans le silence, dans la pauvreté. Nous ne saurions nous-mêmes participer à la mission de l’Évangile, sans entrer dans cette expérience du désert, de son dénuement, de sa faim. La bienheureuse faim dont parle le Seigneur dans son Discours sur la Montagne (Mt 5,6) ne saurait naître de la satiété des repus.

Et n’oublions pas que le désert de Jésus ne s’achève pas avec les quarante jours qui ont suivi son baptême. Son dernier, son ultime désert sera celui qu’exprime le psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » C’est de ce désert que jailliront les eaux de la vie du monde.

Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Retraite prêchée au Vatican, 1983 (trad. Le Ressuscité, DDB 1986, p.10)

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