A regarder les catalogues de publicités qui arrivent dans nos boites aux lettres, à regarder les rayons des magasins, à regarder les décorations déjà prêtes dans les rues… tout nous indique que nous sommes déjà à Noël… au risque de nous faire oublier qu’aujourd’hui est un jour important! Bonne année!

Et oui, ne l’oublions pas: le premier dimanche de l’Avent est le premier jour de l’année liturgique! Puissions-nous prendre le temps de nous souhaiter les uns les autres les grâces les meilleures pour cette année qui commence. À tous: bonne année et bonne sainteté!

Mais que faire pour garder la forme et une bonne sainteté? Oh, j’en vois certains dire: exercices physiques, sport… rien de tel pour un esprit sain(t) dans un corps sain(t)!

Jésus, dans l’évangile, nous invite à une autre attitude. Il nous dit: «Prenez garde, veillez…» (Marc 13,33). Et il nous demande de veiller car nous ne savons pas quand viendra le Sauveur. Paradoxe! Car l’Avent nous prépare à Noël, jour de la naissance de Jésus… cependant, notre foi chrétienne qui se base sur la promesse de Dieu, nous invite à attendre la venue du Christ, dans sa gloire.

Il s’agit donc, pendant ce temps de l’Avent, qui signifie: «arrivée», «venue», de nous préparer à la fête de Noël mais aussi de nous préparer à la venue du Christ pour son retour dans la gloire, à la fin des temps… et là, nous savons que ce n’est peut être pas le 25 décembre! C’est donc pour cela qu’il nous faut veiller.

Comment vivre cette veille? Au regard de l’évangile, ce n’est pas en dormant! C’est-à-dire en attendant que le temps passe! Ce n’est pas non plus comme sur le quai de la gare, en attendant l’arrivée du train où là sans surprise, il arrivera normalement (à l’heure!) et donc en attendant, je vais tuer le temps à autre chose au risque d’être surpris par le signal annonçant l’arrivée du train.

Non, cette veille est plutôt une veille active où je me maintient éveillé, en alerte car cette venue peut arriver à tout moment et il me faudra être prêt à réagir au plus vite… un peu comme à la caserne quand j’attend le signal m’indiquant qu’il faut partir pour un feu ou un accident. Là, il n’est pas question de dormir afin de ne pas perdre les précieuses minutes qui permettront de sauver quelqu’un.

Cette veille est plutôt l’attente de la femme enceinte. Non pas impatience et fébrilité… mais par les mille et une manières, les mille et une attention qu’aura la maman pour préparer la venue de son enfant, par le soin qu’elle mettra à ce que son enfant naisse dans les meilleurs conditions possibles. Pour cela, elle veille à sa santé, à sa nourriture. Elle s’astreint au repos ou au contraire à des mouvements préparatoires pour l’accouchement, etc…

Voilà cette veille qu’il nous faut vivre. Le projet de Dieu pour l’humanité est encore en gestation, et chacun de nous peut contribuer à son enfantement. Voilà la Bonne Nouvelle… et elle nous sera répétée tout au long de l’Avent: nos vies, si modestes soient-elles, peuvent contribuer à la naissance de l’humanité nouvelle. Dieu nous associe à son projet et c’est ce qui fait la grandeur de notre vie. Il faut donc tenir notre vie en alerte. C’est bien le sens du «Prenez garde» que Jésus nous adresse.

Pour cela nous pouvons nous souvenir de cet avertissement qu’il adressait à ses Apôtres au soir de sa passion: «Veillez et priez afin de ne pas entrer au pouvoir de la tentation» (Marc 14,38). Oui, il nous faut garder aussi la vigilance de l’âme… pas uniquement celle du corps. Et la vigilance de l’âme s’exerce par la prière.

Prier est quelque chose de très simple. C’est vivre une relation d’amitié avec Jésus et entretenir cette amitié dans le silence, dans une rencontre personnelle, un coeur à coeur. Et comme pour toute relation d’amitié, cela exige quelques conditions pour que celle-ci continue à exister dans le temps. Il est nécessaire de prendre soin de ma relation avec les autres en vivant le respect, l’amour, la solidarité et le pardon. Il est aussi nécessaire de prendre soin de la relation avec moi-même ainsi que de ma relation avec Jésus. Pour vivre et recueillir les fruits d’une amitié durable avec Jésus, il faut que je m’engage sur le chemin de la prière avec détermination et enthousiasme, sans craindre les difficultés. C’est alors que je verrais quelque chose de merveilleux se réaliser dans ma vie… une nativité! Oui, vous avez bien entendu: une naissance, celle de la présence du Christ Jésus vivant et agissant au plus intime de moi-même… et cette présence deviendra un feu dévorant qu’il ne faut pas chercher à éteindre… car celui-ci me consume en amour véritable! Il est la source du bonheur… mais c’est là cet avent que nous sommes invités à vivre. C’est là cette arrivée, cette venue qu’il nous faut célébrer en la naissance de l’enfant Jésus, qu’il nous faut attendre au soir de cette vie… mais qui se réalise déjà aujourd’hui, à la mesure où je me donne à cette présence du Christ qui est là en tout être humain.

Alors… bonne année et bonne sainteté à chacun. Amen.

Premier dimanche de l’Avent – Année B

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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