A l’heure où notre société est une pro de la statistique, voilà une question qui pourrait tenir en éveil tous les instituts de sondage : « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? » (Luc 13,23). Mais la réponse de Jésus peut nous paraître discriminante : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. » (Luc 13,24) et pour entrer, il ne suffit pas de vivre avec le maitre, de manger et boire avec lui… il faut se mettre à l’écoute de son enseignement et le mettre en pratique dans nos vies ! C’est une véritable conversion qu’il nous faut vivre, être véritablement à l’école du Christ.

A l’invitation du prophète Isaïe, nous devons nous laisser rassembler par le Seigneur et nous apprêter à voir sa gloire. Non, Dieu ne chante pas, en se regardant dans le miroir : « mon Dieu, je suis grand, je suis beau » ! La gloire de Dieu est le rayonnement de sa Présence. Dieu est grand et beau ! Nous pourrions traduire « ils verront ma gloire » (Isaïe 66,18) par « ils me reconnaitront comme le seul Dieu, c’est moi qui motiverai leurs actes et leurs pensées ».

Voilà une invitation à nous attacher à Dieu sans partage, à découvrir le vrai visage du Dieu unique, à nous attacher aux leçons que le Seigneur nous donne… comme un père désire éduquer son fils selon l’enseignement du passage de la lettre aux Hébreux proclamée ce jour. Ne nous laissons pas décourager par ce que nous pourrions entendre monter de notre monde. Au contraire, nous qui croyons que le Christ est venu pour nous sauver, tournons nous vers lui, implorons et supplions le Seigneur pour le monde dans lequel nous vivons pour que chacun reconnaisse la gloire de Dieu !

Ainsi, nous pouvons nous interroger sur le place que nous faisons à la prière universelle, au cœur de nos célébrations… N’avons-nous pas tendance à tomber trop facilement dans le « prêt à prier » offert par les revues liturgiques en doutant de notre propre capacité à prier et d’être attentif aux préoccupations et aux soucis de nos contemporains ?

Avec les lectures de ce dimanche, ré-entendons également la prière d’ouverture de cette Eucharistie qui nous invite à nous recentrer sur l’essentiel : Dieu qui peut mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et d’attendre ce que tu promets, pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.

Cette prière traduit ce que doit être notre attitude spirituelle. C’est au cœur de ce monde que Dieu a crée et qu’Il aime, même si il ne cesse d’être mouvant, incertain, rempli de faux projets, de sollicitations décevantes, Dieu demande aux croyants de s’y engager, d’y travailler pour la justice et la charité… sans perdre de vue ce qui fonde notre engagement : notre appartenance au Christ et donc notre désir d’habiter la maison du Seigneur tous les jours de notre vie » (Cf. Psaume 27,4).

Ainsi, profitant de la fin de l’été, avant le rush du début septembre, nous pouvons nous demander, chacun face au Seigneur : quel engagement vais-je prendre pour continuer ma conversion ? Comment vais-je approfondir ma relation avec le Christ en abandonnant tout attachement superflu à ce monde qui passe ? Que vais-je faire pour me détourner de mon « moi » qui me tire sans cesse en arrière pour me laisser configurer au Christ, unique garant de la joie véritable, source du bonheur éternel ? C’est lui la porte étroite par laquelle il nous faut passer si nous voulons gagner le Royaume ! Amen.

Homélie pour le 22ème dimanche ordinaire – Année C

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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