Ce premier dimanche de carême, la liturgie nous fait parcourir un chemin qui nous conduit du jardin d’Eden au désert, du péché à la rédemption.

Au jardin d’Eden, Dieu fait tout pour que l’homme et la femme puissent vivre heureux et profiter pleinement de ce que Dieu a créé, pour eux, par amour. La mission de l’homme, dans ce jardin, est « qu’il le travaille et le garde » (Genèse 2,15) avec cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2,17)

Nous connaissons la suite de l’histoire. Le serpent vient induire en erreur la femme en détournant la parole de Dieu et en lui disant : « Alors Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » (Genèse 3,1) Et la femme répond au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas sinon vous mourrez.” » (Genèse 3,3) or l’arbre qui se trouve au milieu du jardin n’est pas l’arbre interdit de la connaissance du bien et du mal mais l’arbre de la vie ! Et le serpent va jouer de cette confusion pour tenter la femme sur le fruit de l’arbre du bien et du mal… et nous savons le résultat : le péché de la femme entraîne le péché de l’homme qui entraîne la rupture avec Dieu !

Quelle leçon pour nous ? Le péché provient toujours d’un détournement de la Parole de Dieu : quand je n’y suis pas fidèle, quand je me l’accapare… et mon péché a toujours des conséquences sur les autres, sur ma relation avec eux, avec la création. En effet, Adam et Eve, en se détournant de la Parole de Dieu et en écoutant celle du diable, se coupent de l’amour de Dieu. Ils sortent du registre de l’amour et ils ne sont plus en capacité de le recevoir. Ils se découvrent simplement pauvres et nus ! Ils n’ont plus rien. Ils n’ont plus de dignité. Ils sont dépouillés de tout. Le péché nous fait perdre notre dignité. Il nous fait perdre la grâce qui nous unit à Dieu. Le péché nous fait errer dans le désert du monde à la recherche du bonheur perdu, coupé de Dieu !

C’est dans ce désert que Jésus vient nous rejoindre au début de son ministère public. Le Verbe de Dieu, en s’incarnant, en se faisant l’un de nous, vient nous rejoindre dans ce lieu où nous errons. Et dans ce lieu, Jésus aussi va faire l’expérience d’être tenté par le diable. Et comme avec Adam et Eve, le démon va tenter Jésus en jouant avec la Parole de Dieu, en essayant de détourner Jésus de celle-ci. Le malin va utiliser le même procédé qu’avec Adam et Eve : il va tenter Jésus par la gourmandise, la vaine gloire et l’orgueil. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » (Matthieu 4,3) ; « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : il donnera pour toi des ordres à ses anges, et ils te porteront sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte une pierre. » (Matthieu 4,6) ; « Tout cela, je te le donnerai si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » (Matthieu 4,9)

Jésus reste fidèle à son Père en gardant les yeux fixés sur la Parole de Dieu. Celle-ci est le glaive avec lequel il met en fuite le diable. Cette fidélité de Jésus fait jaillir la joie du Père : « Voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient. » (Matthieu 4,11). Jésus nous ouvre le chemin de la vie. En empruntant avec Lui ce chemin, Jésus nous ramène peu à peu au pied de l’arbre situé au cœur du jardin : l’arbre de la vie qui n’est rien d’autre que sa Croix. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous fait retrouver la vie perdue et celle est le fruit de l’arbre de la  Croix ! Et de cette arbre, nous pouvons, maintenant, en manger le fruit : c’est le Corps et le Sang du Christ qui nous est donné pour que nous ayons la vie, pour que nous puissions entre dans l’intimité avec Dieu. Le Christ nous rétablit dans Notre dignité d’enfant de Dieu.

Ainsi, dès le premier dimanche de carême, il nous est proposé un chemin de vie : nous laisser réconcilier avec Dieu pour pouvoir entrer avec le Christ dans le jardin où est planté l’arbre de vie, l’arbre de la Croix dont le fruit nous est vivement conseillé pour que nous ayons en plénitude la vie de Dieu !

Durant tout ce chemin, prenons le temps de faire le point sur nos comportements, sur nos projets, sur notre fidélité à la Parole de Dieu. Comment celle-ci vient-elle éclairer nos choix de vie ? Comment celle-ci vient-elle éclairer notre manière de vivre en couple ? En famille ? Au cœur de la cité ? Comment celle-ci vient-elle éclairer les choix que nous aurons à faire pour notre pays par l’élection du président de la République et des députés ? Comment est-ce que je laisse non pas l’esprit du monde,  mais l’Esprit Saint éclairer mes choix, dans une fidélité toujours plus grande à la Parole de Dieu et donc à la vie ?

Pour cela, faisons notre les paroles de la prière d’ouverture de cette messe : « Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle… ». Faisons notre les paroles de la prière de post-communion : « Le pain que nous avons reçu de toi, Seigneur notre Dieu, a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ; apprends-nous à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai, et à vivre de toute parole qui sort de ta bouche. » Amen.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.