« Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé ; fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin, et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire. » Ces mots sont ceux de la prière d’ouverture de la messe de ce deuxième dimanche de carême. Ils peuvent être une dynamique pour notre temps de carême ! Ils sont ceux d’une prière c’est-à-dire que nous espérons, nous demandons au Seigneur qu’ils aient une fécondité pour notre vie.

« Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé… » Ces mots sont un écho direct de l’évangile. De la nuée lumineuse, le Père s’adresse aux Apôtres par ces mots : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » (Matthieu 17,5) L’écoute du Fils bien-aimé, de Jésus, est la base, le fondement de toute la vie chrétienne. Il n’y a pas de vie chrétienne sans cette écoute de Jésus, sans se mettre à son école. Etre à l’écoute du Christ n’est pas une option de la vie chrétienne, c’est la volonté du Père !

Le Père trouve sa joie dans le Fils… il y a de fortes chances qu’en écoutant le Fils, nous trouvions nous aussi notre joie. L’écoute du Fils est source de joie. Pourquoi ? Parce que cette écoute va nourrir notre foi, elle va nous fortifier. L’écoute de la Parole de Dieu est nourriture pour nous, pour notre vie. Elle est, non pas une parole qui étouffe, mais une parole tonifiante, fortifiante… qui donne des ailes ! Cette parole ouvre un chemin dans notre vie : elle transforme notre regard, elle le purifie et nous donne la capacité de discerner la gloire de Dieu, c’est-à-dire de voir sa présence en nos vies, en notre monde.

Mais comment écouter, aujourd’hui, le Fils bien-aimé ? Comment écouter la Parole de Dieu ? La liturgie est le lieu privilégié pour la proclamation, l’écoute et la célébration de la Parole de Dieu. Comment ai-je préparé cette rencontre ? Comment est-ce que je me suis préparer à vivre cette rencontre avec mon Sauveur ? C’est aussi par une lecture priante que j’écoute la Parole de Dieu, que je la laisse descendre au plus profond de mon être afin qu’elle puisse germer, prendre corps en moi.

La semaine passée, nous avons entendu, dans l’évangile, le récit des tentations de Jésus lors de son séjour dans le désert. C’est par la Parole de Dieu qu’il a répondu à ses tentations et fait fuir le diable. Dans la Parole de Dieu, nous trouvons la nourriture nécessaire pour fortifier notre foi, et avancer sur le chemin de la vie. Aujourd’hui, dans son dialogue priant avec Moïse, figure de la Loi, et avec Élie, figure des prophètes, Jésus nous révèle la gloire de Dieu, c’est-à-dire sa présence au milieu de nous. En nous attachant amoureusement à la Parole de Dieu, nous apprenons à découvrir la présence de Dieu au milieu de nous, dans notre monde. La méditation de la Parole de Dieu aiguise nos sens, notre regard sur les signes de la présence de Dieu. Profitons de ce temps du Carême, qui est un temps pour se rapprocher de Dieu, pour lui demander cette grâce particulière d’être amoureux de sa Parole, d’être patient pour se mettre à son écoute…

Dimanche dernier, lors de la prière de l’Angélus, le pape François nous invitait à nous familiariser avec la Parole de Dieu en la lisant souvent, la méditant, l’assimilant car la Parole de Dieu, contenue dans la Bible, est toujours actuelle et efficace. Et il terminait son allocution en nous interpellant par cette comparaison : « Que se passerait-il si nous traitions la Bible comme nous traitons notre téléphone portable ? Si nous la portions toujours avec nous, ou tout au moins un petit Evangile de poche : que se passerait-il ?  Si nous revenions en arrière quand nous l’oublions : quand tu oublies ton téléphone portable : « Oh ! je ne l’ai pas, je retourne le chercher » ; si nous l’ouvrions plusieurs fois par jour ; si nous lisions les messages de Dieu contenus dans la Bible comme nous lisons les messages du portable, que se passerait-il ? » (Pape François, Angélus du 5 mars 2017) Notre foi s’en trouverait fortifiée et « nous serions davantage capables de vivre une vie ressuscitée selon l’Esprit, en accueillant et en aimant nos frères, spécialement les plus faibles et les plus démunis, et aussi nos ennemis. » (Ibid.) Amen.

 

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