Le hasard du calendrier, ou plutôt la divine Providence, nous donne d’entendre et d’accueillir ce passage de l’Évangile au début d’une nouvelle année scolaire. Ce passage vient simplement nous interroger sur nos différents engagements !

« Si quelqu’un vient à moi… » (Luc 14,26). Une première question émerge donc : mon ou mes engagements, sont-ils, puisque je suis chrétien, fait au nom du Christ ? Que ces engagements soient politiques, sociaux, ecclésiaux, associatifs, professionnels… ont-ils été pris pour répondre au mon désir de reconnaissance ou pour répondre à l’appel du Christ, pour être serviteur du Christ avec ce désir d’être véritablement son disciple ?

En ce début d’année, nous pouvons aussi penser à tous ceux qui vont prendre un engagement plus radical et qui va orienter toute leur vie : celles et ceux qui vont décider de s’engager dans le mariage, dans la vie consacrée, dans le sacerdoce… Tous ces engagements vont nécessité que les protagonistes commencent par s’assoir, non pas pour calculer la dépense que va engendrer la fête mais pour voir si ils ont les moyens de vivre cet engagement jusqu’au bout.

Le Christ Jésus lui-même, dans sa grande bonté, nous donne les conditions de cet engagement : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14, 26)

Voilà un contrat clair ! Le renoncement auquel est appelé le disciple est radical. Il inclut non seulement ses biens, ses affections les plus légitimes mais également l’entière mise à disposition de sa personne jusqu’à sa propre vie. Mais pourquoi faire une telle exigence ? Simplement pour pouvoir accueillir le style de vie que le Christ propose ! « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14,27)

Oui, porter sa croix est plus un style de vie que nous propose le Christ qu’un événement ponctuel de notre vie. Porter sa croix, c’est apprendre, à la suite du Christ, à vivre les souffrances, les épreuves, les injustices comme des occasions de nous ouvrir toujours plus à l’amour et non à nous enfermer sur nos rancœurs, nos révoltes, ou nos colères. Porter sa croix, à la suite du Christ, nous guérit d’un terrible maladie cardiaque qu’est la sclérose du cœur ! Qu’est-ce à dire ? Porter sa croix, à la suite du Christ, nous guérit peu à peu de la fermeture et la paralysie dans laquelle se trouve notre cœur quand il se replie sur lui-même. Ceci, surtout quand il se trouve confronter à la souffrance et qu’il finit par se trouver dans l’incapacité d’aimer.

Ainsi, marcher à la suite du Christ nécessite de repérer nos véritables ressources, nos véritables forces pour découvrir que nous n’avons qu’une seule et unique force en nous : la présence du Christ, la Sagesse de Dieu, la force de l’Esprit Saint, comme nous l’a dit la première lecture. (Sagesse 9,13-18). Marcher, ou plus exactement s’engager à la suite du Christ, s’est prendre conscience de tout ce qui nous encombre, tout ce qui encombre notre vie, pour nous appuyer sur une seule et unique force : le Christ. Voilà un sacré renoncement à vivre : ne compter que sur le Christ, ne rien lui préférer, ne rien mettre avant Lui et tout orienter vers Lui.

Ne soyons pas effrayés ! Même si, comme moi, vous pensez tout de suite à tous ces détachements qu’il faut vivre : tels biens matériels, telle affection mal ordonnée, tel souci qui trahit une trop grande préoccupation de nous-même… ou tous ces détachements plus subtiles qu’il me faut vivre. Livrons-nous au Christ dans cette prière amoureuse qu’est l’oraison et l’adoration et demandons lui de nous révéler tous ces liens qui nous éloignent de Lui. Demandons lui de pouvoir nous attacher plus encore à Lui. Il ne vient pas pour nous écraser sous le fardeau. Il vient nous ouvrir le chemin de la vie, le chemin du Salut, le chemin de la joie. Il vient donner sens à notre vie !

Pour terminer, laissons notre pape bien-aimé Benoit XVI nous encourager, par ces mots qu’il a prononcé en inaugurant son pontificat : « Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ, et vous trouverez la vraie vie. Amen » (Benoît XVI, 24 avril 2005).

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