Dieu est la source de ma joie !

MoutonAvouons-le: nous n’aimons pas être comparés à des moutons. Désigner quelqu’un comme un mouton, c’est désigner une personne naïve qui suit et répète bêê-tement ce que font les autres, qui suit la masse par conformisme… avec l’avantage que cela dispense de réfléchir. Alors entendre Jésus nous dire: «Je suis le bon pasteur, le vrai berger» (Jean 10,11), lui qui nous appelle à le suivre, n’est-ce pas entendre Jésus nous inviter à le suivre bêtement, sans réfléchir?

Si les Apôtres ont suivi Jésus sur un simple «Suis moi», ce n’est pas pour cela que nous devons les assimiler à de simples moutons de Panurge! Car dans l’Ecriture Sainte, le mouton ou plus exactement le troupeau de moutons est une richesse. Nous lisons dans le livre de la Genèse qu’«Abraham était très riche. Il possédait de grands troupeaux ainsi que beaucoup d’argent et d’or.» (Genèse 13,2). De même dans le livre de Job: celui-ci nous est décrit comme le personnage le plus considérable dans le Proche Orient. Il est le père de dix enfants: sept fils et trois filles mais aussi, il possède «sept mille moutons, trois mille chameaux, cinq cent paires de boeufs et cinq cent ânesse…» (Job 1,3)

Ainsi, nous pouvons réentendre l’évangile proclamé ce jour en accueillant le fait que le Christ n’attende pas que nous le suivions bêtement. Il nous dit simplement que nous sommes la richesse de Dieu. J’ai du prix aux yeux de Dieu: «Nous sommes son peuple, le troupeau dont il est le berger.» (Psaume 100,3)

A travers toute l’histoire biblique, Dieu a confié ses brebis à ses serviteurs. Ceci même si c’est lui, et lui seul, qui a le soucis de conduire ce troupeau pour qu’il ne manque de rien: «le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien» (Psaume 23,1)… et heureusement car les serviteurs, dans l’Ancien Testament, ont été infidèles à leur mission: ils n’ont pas cherché le Seigneur de tout leur coeur, ils ont délaissé le troupeau au profit de leur propre confort… Face à ces infidélités, Dieu promet au peuple, par la bouche des prophètes, un pasteur véritable qui prendra soin d’eux.

C’est ainsi que Jésus se présente comme «le bon pasteur, le vrai berger», celui qui donne sa vie pour ses brebis. Et nous le savons, Jésus donnera sa vie, comme l’agneau qui se laisse conduire à l’abattoir (Cf. Isaïe 53). Il est «venu pour que les hommes aient la vie, et qu’il l’aient en abondance.» (Jean 10,10). Il est «le bon pasteur, le vrai berger»  en prenant soin de la brebis perdue (Luc 15, 1-7)(pour ceux qui veulent revoir la parabole de la brebis perdue), de la brebis malade. Il a pitié du troupeau attaqué et dispersé par les loups.

Après sa Résurrection, Jésus ne nous laisse pas seul. Lui, «le bon pasteur, le vrai berger», confie son troupeau à ceux qui ont vécu avec lui durant sa vie publique. Il confie son troupeau à celui qui a fait l’expérience de la profonde miséricorde du Christ: Pierre. Celui-ci reçoit, de Jésus lui-même, la mission de paître l’Eglise entière (Jean 21,16). Cette mission se transmettra à ceux qui vont succéder à saint Pierre comme Pasteur de l’Eglise et donc à celui qui assure cette mission aujourd’hui: le pape  Benoit XVI. Cette mission est aussi confiée aux autres pasteurs, qui, par leur ordination sont configurés au Christ: les évêques et leurs collaborateurs: les prêtres. Ils reçoivent, comme l’a écrit saint Pierre dans sa première lettre, la mission de prendre «soin comme des bergers du troupeau que Dieu [leur] a confié, [de] veiller sur lui non par obligation, mais de bon coeur, comme Dieu le désire…» (1Pierre 5,2ss).

En ce dimanche des vocations, où nous sommes invités à prier tout spécialement pour celles-ci. Confions au Seigneur ceux qui, au cœur de la communauté chrétienne, sont appelés à devenir prêtre. Prions pour ceux qui ont reçu, pour nous, pour notre service, notre bien, la belle mission de faire paître le bien le plus précieux de Dieu: le troupeau que nous sommes. Qu’ils aient sans cesse le soucis de leur propre sainteté, de leur propre configuration au Christ tête. C’est ainsi qu’ils nous conduiront sur le vert pâturage de notre propre sainteté. Mais qu’à notre tour, nous ayons le soucis de notre propre sainteté car c’est ainsi que nous aiderons nos pasteurs à être de saints prêtres pour la gloire de Dieu et le Salut du monde.

Dieu, dans sa grande miséricorde, appelle aussi des hommes et des femmes à entrer de façon toute particulière sur ce chemin de la sainteté par la pratique des conseils évangéliques que sont les voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ces consacrés (religieux ou religieuses, moines ou moniales, laïcs consacré(e)s) sont un don pour l’Eglise et le monde. Ils sont pour tous des témoins privilégiés que par un choix radical de vie, un don total d’eux-même à Dieu, nous pouvons suivre celui qui est «le bon pasteur, le vrai berger», que nous pouvons écouter sa voix avec confiance.

A l’appel de notre évêque, «soutenons ceux et celles qui ont répondu à l’appel de Dieu dans un don spécifique de leur vie. Prions avec ardeur que le Seigneur accorde à son Eglise et à notre diocèse des hommes et des femmes qui disent oui à l’invitation du Seigneur. Prions pour ceux et celles qui s’engagent dans le don de leur vie pour être signe du Christ au coeur du monde. Que notre prière pour les vocations ouvre chacune de nos journées.»

Et n’ayons pas peur d’être des moutons… nous sommes le bien le plus précieux de Dieu… Alors n’ayons pas peur d’entendre et de répondre à la voix du berger qui appelle à son service! Amen.

Homélie pour le quatrième dimanche de Pâques – Année B
Dimanche des Vocations

Pour lire le message de Benoit XVI pour ce dimanche des Vocations, c’est ici !

Cet article a 0 commentaires

    1. Effectivement, je comprends votre désarroi.
      Que faire? Prier pour les auteurs d’un tel clip (qui est de peu de valeur artistique, je trouve). Eviter de leur faire de la publicité. Et oser témoigner de l’espérance qui est en nous, oser témoigner simplement de notre foi en Jésus Christ et comment il transforme notre vie.

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