En lisant la première lecture, tirée du livre d’Amos (Amos 8,4-7), pour préparer l’homélie de ce jour, je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé avec la lecture du journal ! Voilà qu’un des plus ancien livre écrit de la bible reste aujourd’hui d’une actualité brulante. Et pourtant, à l’époque du prophète Amos, la société ne connaissait pas la crise ! Comment expliquer alors ce désir d’enrichissement ? Comment expliquer cette motivation à gagner plus ? La réponse à la question n’a guère changé depuis ce jour-là : on ne peut pas servir à la fois Dieu et l’Argent. Oui, la racine du péché se dévoile dans le rapport que l’homme entretient avec le sabbat, jour consacré au Seigneur. Et le prophète nous averti, mais nous pouvons nous en rendre compte nous-même par l’actualité, le non respect du jour du Seigneur nous entraine à vivre dans une société marquée par l’injustice, l’exploitation du faible, du petit, du pauvre. Ne pas respecter le jour consacré au Seigneur, c’est perdre le sens profond de notre vie.

Dieu nous demande de participer à l’œuvre de sa création mais le septième jour, il nous invite à nous arrêter pour lui consacrer cette journée, nous remettre en ses mains. Il nous invite à prendre conscience que c’est lui qui fait germer notre travail, qui fait fructifier ce que nous avons semé. Ne pas savoir offrir 24 heures de sa semaine au Seigneur, c’est bâtir une société fondée sur l’âpreté aux gains et donc sur l’injustice. L’Argent devient alors le maître et c’est alors une vie de misère qui s’offre à nous.

Comment remédier à cela ? Tout d’abord en répondant à l’invitation de l’apôtre Paul : « J’insiste avant tout pour qu’on fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’États et tous ceux qui ont des responsabilités. » (1 Timothée 2,1) Voilà une vraie prière que Dieu peut accepter nous dit saint Paul, car la volonté de Dieu est que tous les hommes arrivent à connaître pleinement la vérité. Les hommes ont besoin de savoir de quel amour Dieu les aiment et de vivre cet amour. La loi consiste à aimer Dieu et à aimer son prochain. Telle est la demande que nous avons fait au Seigneur au début de cette Eucharistie.

Le deuxième moyen est de vivre entre nous, là où nous sommes envoyés, des relations fraternelles. C’est l’invitation que nous fait Jésus, non sans humour ! Pourquoi le maître du domaine fait-il l’éloge de son gérant qui est un escroc doublé d’un faussaire ? Ce n’est pas pour la malhonnêteté de ce gérant mais pour son habileté dans les relations mutuelles. Il y a là un exemple pour tous les croyants : sommes-nous capables de nouer de vraies relations d’amitiés, de vraies relations fraternelles entre nous, quelque-soit notre condition sociale, quelque-soit le poste de serviteur que nous occupons au sein de la société ?

Mais aussi, n’oublions pas que nous sommes tous, à des titres divers, gérants de la grâce de Dieu. Tous les baptisés ont reçu l’Esprit de sainteté en héritage. Alors comme pour le gérant de l’Évangile, soyons généreux, cherchons à ce que notre maître, Dieu lui-même, fasse notre éloge. Dispensons autour de nous, sans aucune réserve, sans aucun égoïsme, les bienfaits de l’Évangile. Vivons notre vocation baptismale en participant pleinement à la mission du Christ prêtre, prophète et roi. N’ayons pas peur de répondre à l’invitation de Paul à Timothée, n’ayons pas peur d’annoncer haut et fort l’Évangile… nous sommes rois : nous sommes enfants de Dieu et non esclaves de l’Argent !

Il est urgent, frères et soeurs, de relever la tête et de ne pas plier devant celles et ceux qui n’ont pour maître que l’Argent trompeur et qui voudraient faire taire la Bonne Nouvelle, faire taire la Parole de Dieu.

Pour nous encourager à être témoins de Dieu, Père Fils et Saint Esprit, entendons ces paroles d’encouragement que Benoit XVI a adressé cette semaine aux jeunes des écoles catholiques rassemblés à Twickenham :

« Ce que Dieu veut plus que tout pour chacun de vous c’est que vous deveniez des saints. Il vous aime beaucoup plus que vous ne pourrez jamais l’imaginer, et il veut ce qu’il y a de meilleur pour vous. Et de loin, la meilleure chose pour vous c’est de grandir en sainteté. (…) Quand je vous invite à devenir des saints, je vous demande de ne pas vous contenter de la seconde place. Je vous demande de ne pas poursuivre un but limité en ignorant tous les autres. L’argent permet d’être généreux et de faire du bien dans le monde, mais à lui seul, il ne suffit pas à nous rendre heureux. La haute qualification dans l’activité professionnelle est une bonne chose, mais elle ne nous satisfait pas si nous n’avons pas en vue quelque chose de bien plus grand. Elle peut nous rendre célèbre, mais elle ne nous rendra pas heureux. Le bonheur est quelque chose que nous voulons tous, mais un des grands drames de ce monde est que tant de personnes ne le trouvent jamais, parce qu’elles le cherchent là où il n’est pas. La clef du bonheur est très simple – le vrai bonheur se trouve en Dieu. Nous devons avoir le courage de mettre nos espérances les plus profondes en Dieu seul, non pas dans l’argent, dans la carrière, dans les succès de ce monde, ou dans nos relations avec d’autres personnes, mais en Dieu. Lui seul peut satisfaire les exigences profondes de nos cœurs. » Amen.

Homélie pour le 25 dimanche ordinaire
Amos 8,4-7; Psaume 112; 1 Timothée 2,1-8; Luc 16,1-13

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.