«Dieu seul suffit!». C’est avec ces mots de sainte Thérèse d’Avila que nous pouvons définir les lectures de ce dimanche. Lui et lui seul nous offre le Salut qu’espère l’humanité. Lui et lui seul nous ouvre un chemin de vie au milieu des évènements du quotidien.

Dans la première lecture, nous accueillons les dix paroles de vie que le Seigneur lui-même nous donne par la bouche de Moïse. Nous avons plus l’habitude de les appeler «les dix commandements». Ces paroles sont reçues par le peuple Hébreux après sa sortie d’Egypte: «Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage» (Exode 20,2). C’est cette première phrase du décalogue qui donne sens aux autres paroles. Toute la loi de Dieu est fondée sur cet acte: la libération d’Egypte, la Pâque. Cette loi est un chemin d’apprentissage de la liberté. Et elle est vraie encore pour nous aujourd’hui!

Cette loi se tient en deux pans: Dieu et les autres. Les premières paroles du Décalogue concernent notre relation à Dieu, à ce Dieu qui nous libère de toutes formes d’esclavage à commencer par l’idolâtrie.

Si le peuple Hébreux a succombé à la tentation d’adorer le veau d’or, nous pouvons, nous aussi, nous interroger sur nos propres idoles. L’idolâtrie est une façon de diviniser ce qui n’est pas Dieu. Alors profitons de ce temps du Carême pour faire le point: il est difficile de donner la première place dans nos vies à Dieu que l’on ne voit pas et que l’on ne sent pas. Nous sommes tenté de nous appuyer sur des choses ou des personnes que nous pouvons voir ou toucher.

Comment dépister une idole? Quand je commence à utiliser un vocabulaire propre à la religion à propos de quelqu’un, d’une chose. Par exemple: Tu «adores» un chanteur «culte» qui est «beau comme un dieu» et vient d’être «sacré» artiste de l’année.* Attention: idole en vue! Dieu ne veut pas nous priver de ce que l’on aime… Mais il est important de remettre les choses et les affections en ordre. Cela rend plus heureux.

Le deuxième pan du décalogue concerne notre relation aux autres. Mais relation à Dieu et relation aux autres sont étroitement liées. Ces derniers commandements sont comme des balises pour notre vie en société. Ils sont, malgré leur forme négative, une oeuvre de libération pour nous-mêmes et pour les autres. Ils libèrent notre regard, notre façon d’être. Ne pas convoiter ce qui ne m’appartient pas est un chemin de liberté intérieure.

Ainsi, nous pouvons comprendre la colère de Jésus dans l’Évangile. Ce que Jésus vient jeter à terre, c’est ce à quoi se rattache l’homme. Ici, c’est le commerce et l’argent mais nous pouvons penser aussi à tous ce qui nous enferme sur nous-même: sexe, drogue, alcool, télévision, console de jeux, téléphone… Et toutes autres choses ou occupations qui remplissent totalement le champ de nos pensées au point d’oublier le reste. Ainsi, Jésus, qui connait «par lui-même ce qu’il y a dans l’homme» (Jean 2,25), connait que le coeur de l’homme est fait pour Dieu. Et oublier Dieu… c’est oublier l’homme. Beaucoup de sujets d’actualité et de société nous le montrent actuellement.

Dans sa colère, Jésus vient nous rappeler le sens profond de notre relation au Père. La Présence de Dieu n’est pas dans un temple de pierre mais elle est au coeur même de l’humanité. Elle est au coeur même de l’homme. Apprendre à redécouvrir cette relation passe donc par la prière, la pénitence et le partage. Ces trois actions qui vont me permettre de faire de la place, de vivre une libération… en me laissant conduire par le souffle de l’Esprit Saint. Ces trois attitudes ne visent pas autre chose que d’apprendre à connaitre Dieu comme Lui-même nous connait. Et cette connaissance est une connaissance d’amour, une amitié offerte par Dieu. Seul cet amour est puissance de vie pour l’homme. Seul cet amour est puissance de liberté.

Ceci peut nous paraitre fou, mais comme nous l’a dit saint Paul, dans sa lettre au Corinthiens: «la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme». (1 Corinthiens 1,25)

Alors, puissions-nous, simplement, prendre le temps d’accueillir à nouveau cette Parole de Dieu afin qu’elle éclaire nos paroles, nos actes et nos choix dans tous les domaines de notre vie. Oui, comme nous l’avons entendu dans le psaume: la loi du Seigneur est parfaite,  elle redonne vie, elle rend sages les simples. Ses préceptes sont droits, ils réjouissent le coeur. Le commandement du Seigneur clarifie le regard.

Puissions-nous demander simplement au Seigneur, comme nous l’avons fait dans la prière d’ouverture, que conscient de notre faiblesse, le Seigneur nous relève avec amour. Amen.

*Exemple tiré du «Dico Catho» de Paul Clavier et Edmond Prochain, éditions Mame.

Homélie pour le 3ème dimanche de Carême – Année B

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