Cela fait rêver! La petite description que Luc nous fait, dans le Livre des Actes des Apôtres, de la première communauté chrétienne est idyllique: « Tous les croyants, d’un seul cœur… » (Ac 5,12). Ce témoignage permet à « des hommes et des femmes de plus en plus nombreux » d’adhérer « au Seigneur par la foi » (Ac 5,14). Ces quelques mots nous invitent à nous interroger sur notre manière de témoigner de notre foi, de vivre la communauté.

N’avons-nous qu’un seul cœur? C’est-à-dire: répondons-nous à l’invitation du Christ, formulée en saint Jean: « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaitra pour mes disciples » (Jn 13,35). N’allons pas croire que cela est au dessus de nos forces. Les premiers chrétiens n’étaient pas mieux que nous. Ils étaient des hommes et des femmes comme nous. La suite du livre des Actes des Apôtres nous en donne la preuve. Les désaccords, les disputes n’ont pas manqués… et pour nous encourager, nous pouvons réentendre ce que saint Pierre disait à Corneille: « Je ne suis qu’un homme, moi aussi » (Ac 10,26). Mais alors, que manque-t-il à notre façon de vivre en communauté pour que nous n’ayons qu’un seul cœur et que « des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhérent au Seigneur par la foi »? (Ac 5,14) N’est-ce pas tout simplement la foi? « Heureux celui qui croit sans avoir vu » (Jn 20,29) dit Jésus à Thomas dans l’évangile proclamé ce jour.

Au lendemain du Sabbat, le premier jour de la semaine, trois jours après la mort du Christ, les disciples enfermés au Cénacle, enfermés dans la peur, font la rencontre du Ressuscité qui fait sauter les verrous de la peur et leur donne la joie: « La paix soit avec vous ». C’est aussi avec cette même salutation que Jésus se manifestera huit jours plus tard à Thomas réuni avec les Apôtres. A chaque fois, il montre les plaies de ses mains et de son côté, « c’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. » (Jean Paul II, homélie du 30 avril 2000)

En ce deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la miséricorde, écoutons le serviteur de Dieu, le Vénérable Jean-Paul II: « Comme les Apôtres autrefois, il est toutefois nécessaire que l’humanité d’aujourd’hui accueille elle aussi dans le cénacle de l’histoire le Christ ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète: Paix à vous! Il faut que l’humanité se laisse atteindre et imprégner par l’Esprit que le Christ ressuscité lui donne. C’est l’Esprit qui guérit les blessures du cœur, abat les barrières qui nous éloignent de Dieu et qui nous divisent entre nous, restitue la joie de l’amour du Père et celle de l’unité fraternelle.

Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, (…) dans les diverses lectures, la liturgie semble désigner le chemin de la miséricorde qui, tandis qu’elle reconstruit le rapport de chacun avec Dieu, suscite également parmi les hommes de nouveaux rapports de solidarité fraternelle. Le Christ nous a enseigné que « l’homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu’il est appelé à « faire miséricorde » aux autres: « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7) » (Dives in misericordia, n. 14). Il nous a ensuite indiqué les multiples voies de la miséricorde, qui ne pardonne pas seulement les péchés, mais répond également à toutes les nécessités de l’homme. Jésus s’incline sur toute forme de pauvreté humaine, matérielle et spirituelle.

Son message de miséricorde continue de nous atteindre à travers le geste de ses mains tendues vers l’homme qui souffre.(…)

L’amour de Dieu et l’amour des frères sont en effet indissociables, comme nous l’a rappelé la première Epître de Jean: « Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements » (5, 2). L’Apôtre nous rappelle ici à la vérité de l’amour, nous montrant dans l’observance des commandements la mesure et le critère.

Il n’est pas facile, en effet, d’aimer d’un amour profond, fait de don authentique de soi. Cet amour ne s’apprend qu’à l’école de Dieu, à la chaleur de sa charité. En fixant le regard sur Lui, en nous syntonisant sur son cœur de Père, nous devenons capables de regarder nos frères avec des yeux nouveaux, dans une attitude de gratuité et de partage, de générosité et de pardon. Tout cela est la miséricorde! » (Jean Paul II, homélie du 30 avril 2000)

Alors que c’est à une fille du peuple de Pologne: sainte Faustine, que Notre Seigneur a confié son message de miséricorde, prions plus particulièrement aujourd’hui, pour le peuple polonais éprouvé encore une fois dans son histoire.

 

Homélie pour le deuxième dimanche de Pâques, dimanche de la miséricorde.
Lectures: Actes des Apôtres 5,12-16; Psaume 117; Apocalypse 1,9-19; Jean 20,19-31

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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