« Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20)

Après sa Résurrection et à l’heure de monter vers son Père, Jésus, le Christ, invite ses apôtres à ne pas retourner vers la grisaille du quotidien. Il les envoie sur les routes du monde pour annoncer la Bonne Nouvelle et même pour faire « de toutes les nations des disciples. » Comment cela ? En les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit mais aussi en apprenant à chacun à garder les commandements reçus. En regardant notre bonne vieille terre, nous pouvons nous dire que la mission n’est pas terminée. Il y a encore du boulot… à commencer à notre porte, ici même dans notre nation !

« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » nous dit également Jésus. La preuve, nous l’avons devant nous aujourd’hui ! En cette solennité de l’Ascension, dans sa grande miséricorde, le Seigneur nous donne d’accueillir au milieu de nous la patronne des missions : Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face.

Le paradoxe est devant nous ! Voilà une fille qui n’a jamais quittée sa Normandie natale, exceptée pour un pèlerinage à Rome, qui sur les 24 ans de sa vie en a passé 9 derrière les murs du Carmel et elle est missionnaire ! Il y a de quoi nous interroger sur notre pauvre annonce de l’Évangile, sur notre tiédeur à parler du Christ dans nos propres lieux de vie ! (D’ailleurs, il est écrit dans la Sainte Écriture que « Dieu vomit les tièdes ». Aïe, aïe, ça va barder pour notre matricule !)

Mais comment sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face est-elle missionnaire ?

Sainte Thérèse a vécue sa vie comme une aventure d’amour pour Jésus. Elle n’a d’autres désirs que d’aimer Jésus et de le faire aimer. Elle aimerait réaliser ce désir en annonçant l’Évangile dans sur les cinq continents. Pour cela, elle voulait être prêtre, diacre, apôtre, docteur, martyr… elle voulait mourir sur un champ de bataille pour la défense de l’Église ! Cette vocation, elle va la réaliser en demeurant, au cœur de son carmel, en Présence de Dieu pour recevoir l’Amour et en aimant « pour » les missionnaires.

Cet amour, elle va le faire jaillir en accomplissant le moindre détail avec un acte d’amour. Toute action réalisée avec amour est une preuve que l’on aime Jésus mais aussi un moyen de faire jaillir la grâce sur l’Église. Peu importe la taille de l’acte accompli, sa seule valeur ne vient que parce qu’il est accompli pour Jésus.

Thérèse vit la mission par une haute exigence de charité, d’amour. Elle comprit « que si l’Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, [elle] comprit que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d’amour. [Elle] compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les martyrs refuseraient de verser leur sang… [Elle] compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux… en un mot qu’il est éternel. » (Manuscrit B) C’est ainsi que Thérèse s’est écriée : « O Jésus, mon Amour… ma vocation enfin je l’ai trouvée, ma VOCATION, c’est l’AMOUR ! Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée : dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé ! »

Ce désir d’aimer est si fort chez Thérèse, qu’au soir de sa vie sur cette terre, elle ne peut pas imaginer qu’au Ciel elle va se reposer. Elle écrit : « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Église et pour les âmes. Je le demande au Bon Dieu et je suis certaine qu’Il m’exaucera. » (Lettre 254). deux mois avant sa mort, elle dira : « Je sens que je vais entrer dans le repos… Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le Bon Dieu comme je L’aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le Bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre… Je ne veux pas me reposer tant qu’il y aura des âmes à sauver… » (Derniers entretiens 17/07/1897)

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face nous fait découvrir l’importance de l’amour de Jésus et de l’Église pour vivre pleinement notre vie de baptisé. Elle vient nous interroger sur notre foi, notre espérance, notre amour du Bon Dieu et notre désir de vivre avec Lui pour toujours. Thérèse nous interroge sur notre amour de l’Église et sur notre élan missionnaire. Thérèse vient nous redire l’importance de la prière pour le pape, pour notre évêque, pour nos prêtres et tous ceux qui ont à cœur d’aimer et de faire aimer Jésus.

Oui, en ce jour, puissions-nous entrer à notre tour dans cette dynamique de l’amour dont Thérèse nous montre le chemin. Aimer Jésus et le faire aimer… il n’y a pas d’autre chemin de bonheur. Que chacun puisse y répondre en offrant sa vie à cet amour miséricordieux. Amen.

Homélie pour la Solennité de l’Ascension – Année A
Accueil des reliques de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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