L’Evangile de ce dimanche nous met sur le chemin des deux disciples font route vers Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem. Ils sont tristes. La belle aventure qu’ils ont vécu avec Jésus semble finie. Il a été arrêté, condamné et crucifié. Il est mort et enterré! C’est la déception car ils avaient l’espérance que Jésus allait apporter un véritable renouveau à leur vie.
Il y a bien un fait étrange qui les travaille: des femmes de leur groupe sont allées au tombeau mais elles n’ont pas trouvé le corps et elles ont eu une vision: des anges leurs disant qu’il est vivant. Il y a bien de quoi alimenter la conversation de ses deux disciples qui semblent simplement rentrer chez eux déçus de ce qu’ils ont vécu, peut être avec l’impression de s’être fait avoir. Ils sont tristes et ils n’arrivent pas à accueillir le témoignage de ces femmes. Ils fuient la joie de la Résurrection et remâchent leur amertume et leur désillusion. Ils sont incapables de voir la vie nouvelle que Jésus est venu leur offrir. « Leurs yeux étaient aveuglés » (Luc 24,16) nous dit le texte.
C’est sur cette route qu’un inconnu les rejoint. Il est écoute leur aventure; ce qu’ils en disent. Il écoute leur ressenti. En même temps, cet inconnu va les interpeller dans la relectures des évènements. Et son interpellation, il va l’éclairer par la Parole de Dieu. Et sous l’éclairage de cette Parole de Dieu, ce qu’ils ont vécu va prendre un autre relief, va opérer une transformation. La parole de Jésus touche leur cœur à un point tel que la rencontre ne peut se terminer sur un simple échange de parole. Il faut aller plus loin. Il faut s’arrêter et partager ensemble le repas. Et c’est là que Jésus se laisse reconnaître: il prononce la bénédiction et rompt le pain. Ce geste, ces paroles ouvrent les yeux et l’intelligence des disciples. Ils retrouvent la joie et l’espérance des premiers jours! Ni une, ni deux, ils retournent à Jérusalem annoncer la bonne nouvelle… mais celle-ci les a précédé. Les Apôtres ont aussi fait la rencontre avec le Ressuscité. Et chacun partage ce qu’il a vécu. Chacun partage sa rencontre avec le Ressuscité.
Et moi? Ne suis-je pas comme ces disciples d’Emmaüs: déçu, amer, aveuglé? N’ai-je pas l’impression, comme ces disciples d’Emmaüs, que ma vie est une impasse, un échec, un conflit…? N’ai-je pas l’impression, comme les disciples d’Emmaüs, que le Christ s’est retiré de ma vie et que toutes les belles choses que j’ai vécu avec lui ne sont plus rien? La tentation est alors grande de partir, aveuglé par ce qui pourrait être autant d’obstacles insurmontables, et de me refermer sur moi-même. J’ai alors besoin, non pas de fuir, mais de me laisser rejoindre par la Parole de Dieu qui va éclairer le sens de ma vie, le sens des évènements. J’ai besoin de me laisser rejoindre par la Parole de Dieu qui va m’aider à aller plus loin et reconnaitre que ma vie est habitée par la présence du Christ. C’est la Parole de Dieu qui va réchauffer mon cœur et le rendre tout brulant d’amour jusqu’à ce que mes yeux s’ouvrent sur la présence du Christ dans ma vie par la célébration de l’Eucharistie.
Chaque jour de notre vie, ouvrons notre cœur à la présence du Ressuscité qui chemine à nos côtés. Demandons-lui de savoir nous laisser rejoindre par lui, là où nous en sommes dans notre vie. Demandons-lui de savoir écouter sa Parole afin que celle-ci réchauffe notre cœur. Demandons-lui de savoir le reconnaître dans l’Eucharistie et d’avoir l’audace, avec les mots tout simple de notre foi, de dire autour de nous: Jésus est ressuscité, et comment je l’ai reconnu sur le chemin de ma vie. Amen.

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