En cette période de Noël, la tradition veut que nous nous retrouvions en famille autour de repas de fête afin d’échanger voeux et cadeaux. Contrairement à ce que l’ambiance extérieure pourrait nous faire croire, cette période n’est pas toujours aussi simple à vivre à cause des difficultés ou des douleurs provoquées par certaines blessures familiales.

C’est dans ce contexte de la fête de Noël que nous célébrons la Sainte Famille. « Jésus a voulu naître et grandir dans une famille humaine; il a eu pour mère la Vierge Marie et Joseph a été un père pour lui; ils l’ont élevé et éduqué dans un immense amour. » (Benoit XVI, Angélus du 28 décembre 2008) Et si cette famille est sainte parce qu’elle a le désir de remplir la volonté de Dieu, elle n’est pas si loin que cela des préoccupations qui habitent chacune de nos familles.

Comme pour chacune de nos familles, Marie et Joseph doivent vivre leur vocation d’époux et de parents dans l’amour réciproque l’un pour l’autre, dans un esprit de collaboration, de sacrifices, de confiance, de travail, de solidarité… bref de toutes ces valeurs qui sont le fondement de toutes familles. Cette famille est un modèle pour chacun d’entre nous: Marie et Joseph vivent toutes choses à l’écoute de la Parole de Dieu, insérés dans l’histoire d’un peuple. Pour vivre et célébrer leur amour, ils ne cessent de faire mémoire de celui-ci et de rendre grâce au Seigneur pour le don de celui-ci. En faisant mémoire de leur histoire d’amour, Marie et Joseph ne sont pas autocentrés sur eux-mêmes mais ils s’ouvrent à la présence de Dieu qui est au coeur de ce qu’ils vivent. C’est ainsi qu’avec confiance, ils peuvent acquiescer à la volonté de Dieu.

Par notre expérience de vie, nous savons que cela n’est pas toujours aussi simple et que la famille, qui est le bien le plus précieux de la société, est très fragilisé aujourd’hui. Pris au coeur même de notre société de consommation, nous pourrions être tentés de changé le produit face à la difficulté de trouver le bonheur au coeur même de la cellule familiale qui devrait en être le chemin.

En reprenant cet appel de Jésus: « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28) le pape François s’adressait ainsi aux familles en pèlerinage à Rome: « La vie souvent est pénible, souvent aussi tragique! (…) ce qui est le plus pénible dans la vie (…) c’est le manque d’amour. C’est pénible de ne pas recevoir un sourire, de ne pas être accueilli. Ils sont pénibles certains silences, parfois aussi en famille, entre mari et femme, entre parents et enfants, entre frères. Sans amour, la peine devient plus pesante, insupportable. »

Il lançait alors cette invitation: « Chères familles, le Seigneur connaît nos fatigues: il les connaît! Et il connaît les poids de notre vie. Mais le Seigneur connaît aussi notre profond désir de trouver la joie du repos! Vous vous rappelez? Jésus a dit: «que votre joie soit complète»  (Jn 15, 11). Jésus veut que notre joie soit complète. Il l’a dit aux apôtres et il nous le répète aujourd’hui. Alors, ceci est la première chose que, (…), je veux partager avec vous, et c’est une parole de Jésus: Venez à moi, familles du monde entier – dit Jésus – et je vous donnerai le repos, afin que votre joie soit complète. Et cette parole de Jésus, portez-la chez vous, portez-la dans votre cœur, partagez-la en famille. Il nous invite à venir à lui pour nous donner, pour donner à tous la joie. » (Discours aux familles en pèlerinage à Rome pour l’Année de la Foi, 26 octobre 2013)

Il nous dit également: « la vraie joie que l’on goûte en famille n’est pas quelque chose de superficiel, elle ne vient pas des choses, des circonstances favorables… La vraie joie vient d’une harmonie profonde entre les personnes, que tout le monde ressent en son cœur, et qui nous fait sentir la beauté d’être ensemble, de nous soutenir mutuellement sur le chemin de la vie. Mais à la base de ce sentiment de joie profonde, il y a la présence de Dieu, la présence de Dieu dans la famille, il y a son amour accueillant, miséricordieux, respectueux envers tout le monde. Et surtout, un amour patient : la patience est une vertu de Dieu et elle nous enseigne, en famille, à avoir cet amour patient, l’un envers l’autre. Avoir de la patience entre nous. Amour patient. Seul Dieu sait créer l’harmonie des différences. S’il manque l’amour de Dieu, la famille aussi perd son harmonie, les individualismes prévalent, et la joie s’éteint. En revanche, la famille qui vit la joie de la foi la communique spontanément, elle est sel de la terre et lumière du monde, elle est levain pour toute la société. » (Pape François, homélie du 27 octobre 2013)

Alors n’ayons pas peur de nous mettre à l’école de la Sainte Famille. N’ayons pas peur de nous mettre en marche à la rencontre de Marie, Joseph et Jésus. Eux-mêmes se sont mis en marche, pèlerins vers Jérusalem, en passant par l’exil en Egypte, la vie cachée à Nazareth… Ils ont marché à la lumière de la Parole de Dieu. Ils ont marché avec foi et simplicité… à leur école sachons faire de même. Amen.

Homélie pour la fête de la Sainte Famille

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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