Homélie pour le jour de Noël

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné! » (Isaïe 9,5)

La Parole de Dieu:

Isaïe 52,7-10
Psaume 97
Hébreux 1,1-6
Jean 1,1-18

Lire les textes

En cette nuit un cri a retenti : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : ‘Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix’. » (Isaïe 9,5)

Ce matin, avec Marie, Joseph et les bergers, nous contemplons l’Enfant qui est né, couché dans une mangeoire. Cet enfant est le Christ, le Sauveur !

Etonnant ! On annonce un Sauveur, « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix » (Isaïe 9,5) et nous ne voyons en lui aucun signe de force et de richesse. Nous ne voyons aucun signe visible du pouvoir. Seul l’amour émane de la pauvreté de la crèche.

Ce pouvoir de l’amour est bien plus puissant que toutes les forces armées. Ce pouvoir de l’amour est bien plus puissant que toutes les forces de dominations. C’est ce pouvoir de l’amour qui a mené le monde à l’existence. C’est ce pouvoir de l’amour qui a fait jaillir la Vie.

Mais ce pouvoir de l’amour, nous avons du mal à le laisser jaillir en nos vies. Nous avons du mal à l’accueillir… car pour cela, comme les bergers, comme les mages, il nous faut grandir en humilité. Il faut accepter de s’abaisser pour contempler, adorer l’Enfant de la crèche.

Nous attendons un Dieu tout-puissant qui commande, dirige et impose. Nous attendons un Dieu tout-puissant et nous le découvrons enfant dans la pauvreté de la crèche. Dieu est tout-puissant parce qu’il n’est qu’amour. Et cet amour régénère la vie. Il pardonne les fautes. Il réconcilie les ennemis. Il transforme le mal en bien.

Cet amour a porté Jésus à se dépouiller de sa gloire et à se faire homme. Il a porté Jésus à donner sa vie sur la croix et à ressusciter des morts. Cet amour a porté Jésus à devenir serviteur. La seule puissance de l’amour est le pouvoir de servir.

C’est cet amour qui s’offre à nous en ce jour de Noël. C’est cet amour que nous contemplons à la crèche. C’est cet amour qui est « la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » (Jean 1,9) En se proposant à nous, cet amour nous invite à choisir. Allons-nous lui laisser la place dans nos vies ou bien n’y-a-t-il plus de place pour lui dans la salle commune de notre cœur ? (Cf. Luc 2,7) Cet amour : le Christ Jésus est-il le cœur de notre vie ou une simple périphérie dans laquelle je me rends de temps en temps ?

Ce que nous fêtons ce jour est une véritable bonne nouvelle pour le monde ! En ce jour, Jésus le Sauveur est né de la Vierge Marie. Le signe que Dieu nous a donné se trouve à la crèche : « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Luc 2,12). Comme les bergers, nous aussi allons à la crèche accueillir l’amour de Dieu.

« Dans l’Enfant de Bethléem, Dieu vient à notre rencontre pour faire de nous des protagonistes de la vie qui nous entoure. Il s’offre afin que nous le prenions dans les bras, afin que nous le soulevions et l’embrassions. Afin qu’en Lui, nous n’ayons pas peur de prendre dans les bras, de soulever et d’embrasser celui qui a soif, l’étranger, celui qui est nu, celui qui est malade, le détenu (cf. Mt 25, 35-36). (…) En cet Enfant, Dieu nous invite à prendre en charge l’espérance. Il nous invite à être des sentinelles pour beaucoup de personnes qui ont cédé sous le poids du désespoir qui naît du fait de trouver fermées de nombreuses portes. En cet Enfant, Dieu fait de nous des protagonistes de son hospitalité. » (Pape François, Homélie pour la Nuit de Noël 2017)

Avec le pape François, adressons cette prière à l’Enfant Jésus : « Émus par la joie du don, petit Enfant de Bethléem, nous te demandons que tes pleurs nous réveillent de notre indifférence, ouvrent nos yeux devant celui qui souffre. Que ta tendresse réveille notre sensibilité et fasse que nous nous sentions invités à te reconnaître dans tous ceux qui arrivent dans nos villes, dans nos histoires, dans nos vies. Que ta tendresse révolutionnaire nous amène à nous sentir invités à prendre en charge l’espérance et la tendresse de nos gens. » (Ibid.)

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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