On se croirait presque au journal télévisé ! C’est un véritable reportage que nous livre saint Marc. Mais, nous le savons, les évangélistes n’ont pas fait un récit journalistique de la vie de Jésus. Alors, que veut nous dire saint Marc en retraçant pour nous une journée de la vie Jésus ?

Un jour, un soir, un matin. Voilà une façon originale de présenter cette journée ! La logique voudrait que nous la racontions dans l’ordre : matin, jour, soir. Oui, mais pour les juifs, le jour ne se compte pas de minuit à minuit. Il va d’un coucher du soleil à l’autre. Le sabbat commence donc le vendredi soir pour terminer le samedi avec l’apparition des premières étoiles. Et ce jour-là, les juifs le consacrent à la prière et à l’étude de l’Écriture. Voilà pourquoi les gens de Capharnaüm amènent leur malades à Jésus seulement le soir.

Dans sa journée, Jésus est allé à la Synagogue. Jésus est un juif pieux et fidèle à la Loi : il va à la messe tous les dimanches… euh, pardon, il va à la synagogue tous les sabbats ! C’est là, que le matin, il a délivré « un homme possédé par un esprit impur » (Marc 1,23). Cet épisode, nous l’avons médité la semaine passée. Et la renommée de Jésus s’est répandue comme une trainée de poudre. Pas étonnant alors qu’on lui apporte tous les malades de la ville. Même Pierre lui présentera sa belle-mère !

D’ailleurs la guérison de cette belle-mère est intéressante. Cette femme est au lit avec de la fièvre. Jésus s’approche d’elle, la prend par la main et la relève. Alors la fièvre la quitte et elle se met à servir Jésus et ses disciples. La guérison qu’opère Jésus n’est pas un titre de gloire. Jésus nous relève de notre maladie pour que nous nous mettions au service de Dieu et de notre prochain.

Au troisième temps, non pas de la valse à mille temps, mais de la journée de Jésus, nous sommes au matin, bien avant l’aube, à l’heure où blanchie la campagne. Jésus sort et va dans un endroit désert pour prier. Quelle leçon ? Si le ministère de Jésus est un ministère de miséricorde : il guérit les malades, il libère ceux qui ne se possèdent plus, il pardonne les péchés…, Jésus, tout Fils du Père qu’il est, a besoin de prier. Avant d’être harcelé par ceux qui le cherchent, Jésus élève son âme vers son Père. Il médite les Ecritures. Il contemple la gloire de Dieu. Il intercède pour nous.

Cette prière de Jésus est la source de sa mission, de l’annonce du Royaume. Cette prière ne fait pas de Jésus un tiède pour la mission. Au contraire, elle le fortifie pour aller ailleurs, dans les villages voisins afin de proclamer la Bonne Nouvelle. Et c’est pour pouvoir proclamer cette Bonne Nouvelle qu’il est sorti pour prier.

Si Jésus, le Fils du Père a besoin de cette prière silencieuse, de ce cœur à cœur avec son Père, combien plus en avons-nous besoin pour nous mettre au service de Dieu et de notre prochain. La prière, le cœur à cœur silencieux avec Dieu, est le fondement même de notre mission de baptisé. Dans cette prière silencieuse, je reste en présence du Christ pour tout recevoir de lui. Cette prière est un moyen de ressembler davantage à Jésus et donc d’être plus pleinement chrétien. Et plus ma responsabilité est grande, plus il est nécessaire de prier… même si j’ai l’impression que l’on me presse de partout et qu’il y a beaucoup à faire.

Oui, il y a beaucoup à faire : il nous faut annoncer l’Évangile. C’est une nécessité qui s’impose à nous, comme pour saint Paul. C’est une urgence dans notre monde d’aujourd’hui alors que de nombreux contemporains, tel des Job, crient leurs souffrances et leur désir de bonheur. Il nous faut annoncer et vivre cette Bonne Nouvelle qui relève les affligés, guérit les malades. Mais cela, je ne pourrais le faire que dans la mesure où je suis de plus en plus uni au Christ. Cela ne se fera que dans la mesure où j’entre dans le contact vivant avec Dieu que nous donne l’oraison, même si c’est dans l’obscurité de la foi.

L’oraison n’est ni un gadget, ni un luxe. Elle est simplement nécessaire à celui qui veut remplir dans le monde la mission de témoignage à laquelle nous consacre notre baptême.

Que le Fils lui-même nous aide à entrer dans l’intimité avec son Père, afin qu’habiter par l’Esprit Saint, nous ayons à cœur d’aller de village en village annoncer la Bonne Nouvelle, l’Évangile de Jésus Christ. Amen.

Homélie pour le 5ème dimanche ordinaire – année B

0 réponse pour “Et il fait quoi à part ça?”

  • bonjour.
    n’ayant pu aller à la messe ce dimanche, je me trouve bien aise, de pouvoir lire votre commentaire de l’Evangile de ce jour ! merci de le laisser sur internet tous les dimanches.
    merci pour ce petit mot sur twitter, ce matin : les textes du jour vous inspirent-ils toujours un peti mot drôle ?…c’est curieux comme Dieu nous fait de petits clins d’oeil, parfois.
    j’aime bien aussi vos allusions et références à d’autres textes (littéraires ou chansons)
    ça me divertit, l’espace d’une seconde.
    bon dimanche, au coin du feu, comme dirait le prétre de mon ancienne paroisse ardennaise.
    dominique bouilland

    • La Parole de Dieu éclaire parfois l’actualité avec humour… dans la mesure du possible, c’est bon de le souligner… un sourire ça réchauffe, surtout par des températures comme celles de ces derniers jours!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.