« Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse: ils se réjouissent devant toi. » (Isaïe 9,2) La joie est bien le maître mot de la fête de Noël. Nous aimerions que chacun sur terre partage cette joie de Noël. Nous aimerions tant qu’il n’y ait aucun exclu de la joie en ce jour. Pourquoi? Parce que nous allons échanger des cadeaux? Parce que nous allons nous retrouver autour d’une bonne table? Non! La joie de ce jour nous vient, non pas de ce que nous allons donner mais de ce que nous recevons: « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire. » (Jean 1,14)

Le Verbe, la Parole de Dieu s’est fait chair. La Parole de Dieu, qui s’écoute, se vit et nous fait vivre, s’est rendue visible à nos yeux. Le Verbe de Dieu entre et participe à l’histoire de l’humanité. Le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu s’insère dans les contradictions de l’homme: dans sa mort et dans sa souffrance, dans ses questions et dans ses défaites. Ce Verbe de Dieu, c’est Jésus. Il est vraiment Dieu parmi nous. Il est « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » (Jean 1,9)

Oui, c’est cette Lumière, ce Verbe, cette Parole qui nous rassemble aujourd’hui qui est notre joie: une joie véritable, une joie durable! Entendons l’ange dire aux bergers: « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple: Aujourd’hui dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2,11)

A cette annonce de l’ange, les bergers se dirent l’un à l’autre: « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’évènement que le Seigneur nous a fait connaitre. » (Luc 2,15) Les bergers osent traverser la nuit. Ils osent sortir de leurs habitudes de pensée, de vie poussés par une sainte curiosité, une sainte joie. A l’écoute de la Parole de Dieu, annoncée par l’ange, ils se mettent en route… pour découvrir « Marie et Jospeh, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. » (Luc 2,16) Rien d’extraordinaire et pourtant toute la merveille de Noël est là: un enfant qui a comme trône une mangeoire, comme palais royal une grotte et qui est pourtant proclamé « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père à jamais, Prince-de-la-Paix » (Isaïe 9,5)

En cette fête de Noël, l’attitude des bergers vient nous interroger sur notre propre attitude de foi. Il devient rare que nous nous précipitions pour les choses de Dieu. Dieu n’est plus une réalité urgente de notre vie… Dieu peut attendre et pourtant, il est la Réalité la plus importante: sans Lui, nous ne serions pas ici! Sans Lui, nous n’existerions pas! Nous n’aurions pas la vie! Puissions-nous sortir de la torpeur de la nuit de notre vie pour courir jusqu’à la crèche. Comme les bergers, allons – ou retournons – à Bethléem. Avec la simplicité des bergers, sortons de nos habitudes de pensée et de vie et dépassons le monde purement matériel pour arriver à l’essentiel, au-delà, vers ce Dieu qui, pour sa part, est venu ici, vers nous. Avec les bergers, allons à la crèche, allons adorer le Christ, le Sauveur, le « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc 2,12)

Que signifie pour nous aujourd’hui aller à la crèche? Ce n’est pas uniquement venir s’extasier devant la crèche de l’église ou celle que nous avons fait à la maison. C’est faire que notre vie devienne une crèche vivante là où nous sommes appelés à vivre et à travailler. Apprenons à demeurer auprès de cet enfant tous les jours de notre vie. Mieux encore, demandons-lui de demeurer auprès de nous à tous les instants de notre vie et de savoir nous rendre attentif à cette présence à tout instant. A l’image de la Vierge Marie, demandons-lui de devenir nous aussi des ostensoir qui montre l’amour de Jésus au monde. Oui, le seul cadeau que nous devons recevoir aujourd’hui est celui de devenir ostensoir de l’amour de Dieu, à l’image de la Très Sainte Vierge Marie… car avec les bergers, il nous faut aussi savoir quitter la crèche!

« Les bergers repartirent; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. » (Luc 2,20) Les bergers sont repartis à leurs moutons et à leurs maisons. Ils sont repartis à la vie quotidienne en glorifiant Dieu et en Le louant pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu. Chacun de nous est appelé à faire de même. Nous sommes appelés à glorifier Dieu pour la parole que nous avons entendue, pour le pain qu’Il nous partage, pour la joie qui a été multipliée dans nos cœurs. Oui, nous sommes appelés, en rentrant chez nous, à dire aux autres ce que nous avons vu et entendu de cet enfant. Partageons la joie de l’Évangile, car « aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur! » (Luc 2,11) Amen.

Homélie pour la fête de Noël

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