Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais chaque année, les lectures de cette célébration ne cessent de m’étonner. Nous faisons mémoire du dernier repas de Jésus et de l’institution de l’Eucharistie et cette dernière n’est même pas relatée dans l’évangile que nous venons de proclamer. Seule la lettre de saint Paul (alors qu’il n’était même pas présent) fait référence à l’institution de l’Eucharistie. Et pourtant l’Évangile et la lettre de Paul s’éclairent mutuellement et mettent en lumière le sens de l’Eucharistie. Le geste du lavement des pieds qu’opère Jésus éclaire la façon dont nous devons vivre l’Eucharistie!

Nous venons d’entendre le récit de ce geste étonnant que Jésus fait lors de son dernier repas: il se lève de table et lave les pieds de ses disciples. Ce geste est traditionnellement celui du serviteur, de l’esclave. Nous pouvons alors comprendre le refus de Pierre: pourquoi Jésus, qui est Maître et Seigneur, s’abaisse-t-il au rang du dernier des serviteurs? Quand il comprend ce que Jésus veut faire, Pierre accepte le geste de Jésus. Quelle attitude pour nous aujourd’hui?

« Nous sommes nous aussi invités à comprendre:  la première chose que le disciple doit faire est de se mettre à l’écoute de son Seigneur, en ouvrant son coeur pour accueillir l’initiative de son amour. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera invité à accomplir, à son tour, ce que le Maître a accompli. Il devra lui aussi s’engager à « laver les pieds » de ses frères, en traduisant en gestes de service réciproque cet amour qui constitue la synthèse de tout l’Evangile (cf. Jn 13, 1-20). » (Saint Jean-Paul II, homélie pour la Cène du Seigneur, 17 avril 2003)

Après avoir avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus se remet à table. Il prend le pain, le bénit, le fractionne et le donne à ses disciples en disant: « Ceci est mon corps » (1 Corinthiens 11,24); de même avec le calice: « Ceci est mon sang ». Et il ajoute ce commandement: « Faites cela en mémoire de moi. » (1 Co 11,25) Dans ce geste, Jésus se donne en nourriture aux disciples. Il devient un avec eux. « La « leçon » qu’il faut apprendre apparaît encore une fois: la première chose à faire est d’ouvrir son coeur pour accueillir l’amour du Christ. L’initiative est la sienne:  c’est son amour qui nous rend capables d’aimer nos frères à notre tour. » (Saint Jean Paul II, homélie du 17 avril 2003).

Le lavement des pieds et le sacrement de l’Eucharistie sont donc les deux manifestations d’un même amour que Jésus confie aux disciples. C’est ce qu’il faut faire en mémoire de Lui. Et cette « mémoire » que Jésus nous a laissé « concerne le moment culminant de son existence terrestre, le moment de son offrande en sacrifice au Père, par amour de l’humanité. » (Saint Jean-Paul II, homélie du 17 avril 2003) Ces gestes éclairent notre participation active à l’Eucharistie: cette dernière est de nous unir au Christ en offrande notre vie comme Lui au Père. Participer à l’Eucharistie, avant toute chose, est donc d’offrir notre vie, notre personne à l’amour de Dieu et du prochain. Je vous invite pour cela à prêter attention aux paroles de la Prière Eucharistique prononcée par le prêtre en notre nom à tous. Ceci viendra peut-être éclairer notre façon de communier: ne pas en faire un geste machinal, mécanique mais en faire le geste de l’offrande où je donne ma vie au Christ pour qu’Il se donne pleinement à moi et me mette concrètement au service de l’amour de mon prochain. Qu’en mémoire du Seigneur, je n’oublie pas les petits, les pauvres et les malades. Que je sache me mettre véritablement à leur service. Le service du prochain me conduit à l’Eucharistie tout comme l’Eucharistie me conduit au service du prochain: « ceux qui prennent part à la Célébration eucharistique ne peuvent pas rester insensibles face aux attentes des pauvres et des indigents. » (Saint Jean Paul II, homélie du 17 avril 2003)

Que nos deux paroisses, rassemblées ce soir, continuent et approfondissent ce service diaconal pour que notre joie de célébrer l’Eucharistie soit de plus en plus authentique et évangélique. En nous unissant à la passion de Notre Seigneur Jésus Christ, demandons lui cette grâce de la Vie! Amen.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.