Avec l’évangile de ce dimanche, nous terminons notre saga de l’été. Nous venons d’entendre la fin du chapitre six de l’évangile selon saint Jean, chapitre que nous lisons depuis six dimanches.

Mais, comme dans notre assemblée, j’ai observé, lors de la seconde lecture, quelques personnes de la gente féminine bondir sur leur banc alors que quelques hommes ce sont redressés en esquivant un large sourire, j’ai peur que ni les uns ni les autres n’aient bien compris ce beau texte de saint Paul! Permettez-moi donc d’y revenir.

Non, non, saint Paul n’est pas misogyne. Au contraire! Il sort son auditoire de la conception antique du mariage qui repose souvent sur un simple accord comportant l’acquisition d’une femme. Celle-ci passait de l’autorité de son père à celle de son mari. Ce n’est nullement le cas ici. Comme pour beaucoup de textes bibliques, celui-ci s’émerveille de la beauté du couple humain, de la relation homme-femme au coeur même du mariage. L’amour humain y est présenté avec une grande profondeur: il est l’image de l’amour de Dieu pour l’humanité.

Dans le texte que nous avons entendu, l’apôtre Paul envisage le mariage à la lumière du Christ. L’époux doit aimer son épouse du même amour que le Christ aime l’Eglise. Cet amour, le Christ l’a réalisé par le don de sa vie. L’époux est donc appelé à entrer dans le mouvement du don de soi du Christ, lui qui, se dépossédant entièrement de lui-même, s’est donné, sans réserve, par amour pour le Père et pour les hommes (Ph 2, 6-11). Il ne peut pas y avoir de relation entre époux qui ne soient inspirées par cette dépossession de soi pour l’autre. Saint Paul ajoute même que les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. (v. 28) Le commandement du Christ: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» prend donc une signification plus grande encore au sein d’un couple.

Saint Paul ne donne d’autres conseils pour les couples que de prendre pour modèle le mystère même du Christ: «Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres…» (v. 21). Tout ce que le Christ a fait pour son Eglise, que l’époux le fasse pour son épouse, qu’il déploie pour elle toute la délicatesse, qu’il soit prêt à donner sa vie pour elle. «Nul n’a d’amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ceux qu’il aime» (Jn 15, 13). En réciprocité, devant un tel débordement de tendresse, l’épouse n’a aucune crainte à se soumettre à l’amour de son époux.

Rappelons au passage que la soumission, dans la bible, n’a rien à voir avec l’esclavage. Il s’agit simplement d’une écoute confiante, amoureuse: le croyant ouvre son oreille à la Parole de Dieu par ce qu’il sait que Dieu est amour. Et le croyant fait une réponse vivante et confiante à cette parole, en y engageant tout ce qui fait sa personne.

Saint Paul vient donc mettre en lumière toute la profondeur et la beauté du mariage. L’union entre l’époux et son épouse est à l’image de l’union entre le Christ et l’Eglise. Cette dernière étant elle-même le prélude et le germe de l’union de Dieu et toute l’humanité. Cette union se réalise dans le don de sa vie par le Christ. Le mariage est donc d’une haute dignité. Le couple humain a donc pour vocation de refléter l’amour du Christ pour son Eglise. La vie quotidienne des époux est le lieu par excellence «de ce plus grand amour», signe de celui qui en est l’auteur et la source jaillissante.

Le fait d’entendre ce passage de la lettre de saint Paul aux Éphésiens et le chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean, vient aussi pleinement renforcer le lien entre communion, Eucharistie et sacrement de mariage. Le mariage est un don de soi qui ne peux se réaliser dans vivre en communion avec le Christ, sans se laisser nourrir par Celui qui est le pain vivant. La fécondité de mon union avec le Christ comme celle des époux de peux jaillir que dans la mesure où je reçois la vie de l’autre.

Là où nous en sommes de notre vie, quelque soit notre état de vie, que nous n’ayons d’autres désirs de d’avancer et de grandir dans notre union au Christ. Que nous laissions son amour nous appeler et nous envahir et que comme Pierre, nous nous écrions: «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle.» (Jean 6,68). Amen.

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