Homélie pour la nuit de Noël

« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11)

La Parole de Dieu:

Isaïe 9,1-6
Psaume 95
Tite 2,11-14
Luc 2,1-14

Lire les textes

« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11) Ces mots de saint Paul à Tite exprime bien le sens de la fête de la naissance de Jésus. La grâce est un cadeau, un don gratuit que Dieu fait à l’être humain.

En cette nuit de Noël, nuit de gloire, nuit de joie, nous célébrons la naissance de Jésus. Nous célébrons la naissance du Christ. Dieu nous fait ce cadeau : il se fait l’un de nous. A tout jamais, Dieu s’attache à notre humanité. Il est Dieu-avec-nous. Pour le trouver, plus besoin de le chercher dans un ciel lointain, dans un au-delà inaccessible. Pour le trouver, comme les bergers, allons à la crèche.

A la crèche, avec les bergers, nous ne trouverons rien d’extraordinaire. Nous ne trouverons rien qui soit hors de notre portée. Nous y découvrirons « Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. » (Luc 2,16) Le don de Dieu se manifeste dans cet évènement si simple : « un enfant nous est né » (Isaïe 9,5). Voilà la gloire chantée par les anges dans nos campagnes ! Voilà la lumière qui éclaire les ténèbres de la vie.

Aujourd’hui encore, si nous voulons trouver Jésus, il se révèle dans l’enfant de la crèche. Dieu est là dans la simplicité fragile du nouveau-né emmailloté de langes. La vraie joie de Noël n’est pas dans l’artifice d’une consommation à tout-va. La vraie joie de Noël n’est pas les huitres, la dinde, le caviar ou le chocolat. La vraie joie de Noël est dans la simplicité fragile d’un nouveau-né, dans la pauvreté d’une étable. La vraie joie de Noël est dans la simplicité de la vie.

Pour accueillir cette joie de Noël, nous sommes invités, comme les bergers, exclus et rejetés de la société, à mettre un genou à terre et à nous prosterner devant l’enfant. Nous sommes invités à quitter notre confort et nos illusions pour retrouver la simplicité, la confiance et la fragilité de l’enfant. Nous sommes invités à nous interroger sur les situations d’inconfort, d’exclusion que produit notre société et à agir pour faire cesser ce scandale.

Regardons cet enfant couché dans la mangeoire : c’est Dieu lui-même ! Il est la joie de ce soir… et pourtant nous devrions nous attrister de la situation ! « Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Luc 2,7) Les gens ont fermé leur cœur à la détresse de jeunes parents qui allaient mettre au monde leur enfant. Jésus nait dans le refus de certains et de l’indifférence générale. Aujourd’hui, cette même indifférence habite encore notre monde « quand les lumières du commerce jettent dans l’ombre la lumière de Dieu ; quand nous nous donnons du mal pour les cadeaux et restons insensibles à celui qui est exclus. Cette mondanité nous a pris Noël en otage, il faut s’en libérer ! » (Pape François, Homélie pour la Veillée de Noël 2016) Avons-nous invité un pauvre, un exclu, une personne seule à table ce soir ?

Regardons cet enfant couché dans la mangeoire : c’est Dieu lui-même ! Il est la joie de ce soir… car il ne nous laisse pas dans les ténèbres ! Il fait lever sur nous la lumière de son amour, de sa tendresse : il nait pauvre et fragile au milieu de nous, comme nous. En naissant à Bethléem, qui signifie ‘maison du pain’, il vient nous dire qu’il se fait pain de vie pour nous. Il vient à la vie pour nous donner sa vie. Il vient dans notre monde pour nous donner son amour. Il vient pour nourrir et servir. Il vient nous libérer du joug qui pèse sur nos épaules. Il vient pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance (Jean 10,10).

Oui, frères et sœurs bien-aimés, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11) La grâce, le don de Dieu est pour tous, si nous acceptons de l’accueillir. Nous sommes les invités de Noël. Et les bergers l’ont bien compris ! Eux, les exclus, les laissés pour compte « se hâtèrent d’y aller » (Luc 2,16).

« Nous aussi, laissons-nous interpeller et convoquer cette nuit par Jésus, allons à Lui avec confiance, à partir de ce en quoi nous nous sentons exclus, à partir de nos limites, à partir de nos péchés. Laissons-nous toucher par la tendresse qui sauve ; approchons-nous de Dieu qui se fait proche, arrêtons-nous pour regarder la crèche, imaginons la naissance de Jésus : la lumière et la paix, la plus grande pauvreté et le refus. Entrons dans le vrai Noël avec les bergers, portons à Jésus ce que nous sommes, nos exclusions, nos blessures non guéries, nos péchés. Ainsi, en Jésus, nous goûterons le véritable esprit de Noël : la beauté d’être aimés de Dieu. Avec Marie et Joseph, restons devant la crèche, devant Jésus qui naît comme pain pour ma vie. Contemplant son amour humble et infini, disons-lui simplement merci : merci, parce que tu as fait tout cela pour moi. » (Pape François, Homélie pour la Veillée de Noël 2016)

Frères et sœurs bien-aimés, « je vous annonce une grande joie : aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ! ». (Cf. Luc 2,10-11) Gloire à Dieu au plus haut des cieux !

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