Après le feuilleton liturgique de notre été qui nous a fait méditer le chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean, la Parole de Dieu proclamée pour ce temps de rentrée va nous faire entendre des extraits de la lettre de saint Jacques. Ceci pour les cinq dimanches à venir.

Cette lettre de Jacques n’a de lettre que le nom. Elle est en fait une véritable exhortation concrète et précise valable pour tous les chrétiens, d’où son titre d’épître catholique… universelle.

Dans le passage proclamé ce jour (Jc 1, 17-18.21b-22.27), saint Jacques nous invite à explorer avec lui ce qui fait la vie chrétienne. Le chrétien vit du don de Dieu, dans la lumière de Dieu, dans la Parole de Dieu. La première lecture (Dt 4, 1-2.6-8) et l’évangile (Mc 7, 1-8.14-15.21-23) viennent nous rappeler exactement la même chose sous le regard de la loi.

La loi que nous recevons de Dieu n’est pas un simple consensus de vie sociale. La loi reçue de Dieu est source de vie : « écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. » (Dt 4,1) ou encore en saint Jacques : « Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver. » (Jc 1,21).

Oui, la loi que Dieu nous donne, la Parole de Dieu est bien source de vie. Combien de fois, me suis-je détourné de cette loi, de cette source de vie et ai-je accusé Dieu des maux qui sont les miens ? Saint Jacques nous interdit d’accuser de Dieu. Celui-ci ne nous donne que des choses bonnes, excellente… ne parle-t-on pas du « Bon Dieu » ?

La tentation ne vient pas de lui, mais de nous-mêmes par les situations dans lesquelles nous nous mettons ou dans lesquelles nous acceptons de rester, sans avoir la force et la foi de réagir ou de résister. Il est grand le danger de reporter la responsabilité sur des éléments matériels extérieurs pour excuser notre propre responsabilité. La tentation ne vient pas de la loi que je reçois de Dieu, elle vient de ce qui habite au fond de mon cœur. Si la loi de Dieu, si la Parole de Dieu n’habite pas le véritablement le fond de mon cœur… que peut-il sortir de bon de ma vie ?

La loi de Dieu n’est donc pas un carcan comme beaucoup le pense aujourd’hui. La loi de Dieu est la source de la Liberté, la liberté des enfants de Dieu.

Dieu a fait sortir son peuple d’Egypte, de l’oppression et de l’esclavage. Le don de la loi que Dieu fait au peuple par Moïse est le signe visible de cette liberté. Mais le don de cette loi est aussi, pour Dieu, le cadeau de la libération de l’oppression intérieure de l’homme. Dieu n’a d’autre désir que l’homme comprenne ce qu’est la vraie vie et qu’il adhère volontairement à ce don qui lui est fait.

Les textes de ce jours sont un véritable plaidoyer pour que nous renouvelions notre attachement à la loi de Dieu, au Christ. Cet attachement à la vie est tout le contraire d’un rétrécissement, d’un asservissement aux éléments du monde. Laissons-nous interpeller par la parole du Christ, citant Isaïe : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » (Is 29,13, Mc 7,8)

Les méditations des dimanches précédents nous ont invitées à accueillir le Christ comme le véritable pain de vie, comme celui qui donne la vie. Aujourd’hui, les lectures nous invitent à accueillir le Christ comme l’expression même de la loi de Dieu. Le Christ est la Parole, le Verbe de Dieu. En lui, tout est dit. Il accomplit parfaitement cette loi. Dans le Christ, notre liberté nous est acquise dans sa Passion et sa Résurrection. En Lui, se réalise toute la promesse de Dieu, la parole des prophètes. Le Christ nous ouvre le chemin pour traduire de façon concrète la loi de Dieu dans nos vies : Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde. ( Jc 1, 22.27)

En cette période de rentrée, l’Eglise nous invite donc à un véritable examen de conscience sur la nature des pensées qui habitent notre cœur : pensées perverses, cupides, malveillantes ; ou pensées de paix, d’amour, de bienveillance ? Notre conversion est-elle simplement « idéologique », sans changer vraiment nos comportements, ou bien la parole est-elle semée dans une terre accueillante qui lui permet de porter son fruit de charité ?

En ce temps de reprise, que les textes liturgiques de ce jour nous aident à nous recentrer sur la finalité surnaturelle de nos engagements telle que nous le révèle « la Parole de Dieu semée en nous » (Jc 1, 21) afin que nous puissions agir en « peuple sage et intelligent » (Dt 4, 6)

Que la grâce de cette Eucharistie nous donne d’être un peuple bon, aimant et pratiquant au quotidien la loi de Dieu tel que nous l’avons prié dès l’ouverture de cette messe : «  Enracine en nos cœurs l’amour de ton nom. Resserre nos liens avec toi pour développer ce qui est bon en nous. Veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir. » (Oraison du 22ème DO). Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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