« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11) En cette nuit de Noël, nous nous sommes rassemblés pour célébrer et rendre grâce au Père pour le don qu’il nous fait en Jésus.

Aujourd’hui, Dieu nous donne de contempler sa miséricorde, son amour pour nous. Voilà l’unique motif de notre joie : Dieu a rendu visible à nos yeux son amour ! Et cet amour a une véritable puissance d’action : il nous sauve. Il nous sauve des ténèbres du péché et de la mort, il nous libère de l’oppression. C’est là tout le chant du prophète Isaïe entendu en première lecture : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » (Isaïe 9,1) car « un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » (Isaïe 9,5) Cet enfant, ce fils vient briser le joug qui pesait sur l’humanité ; il brise « la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran. » (Isaïe 9,3)

Cette grâce, ce don gratuit de Dieu, est maîtresse de vie pour nous. « Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété. » (Tite 2,12) Voilà le Salut que Dieu nous donne.

Les mots du prophète Isaïe ou de l’Apôtre Paul ne sont pas de vains mots. Les événements de notre monde ne doivent pas nous faire désespérer de la réalisation de la promesse de Dieu. Au contraire, ce combat des ténèbres contre la lumière est une invitation plus pressante encore à nous approcher de la crèche ; à contempler Jésus, visage de la miséricorde du Père.

Oui, l’enfant de la crèche nous dit comment accueillir et vivre de l’amour de Dieu. Il s’appelle Jésus, l’Emmanuel. Ce nom, c’est Dieu lui-même qui l’a révélé. Emmanuel signifie « Dieu avec nous ». Dieu n’est pas un dieu caché, il se donne à voir, il se rend visible à nos yeux. Ainsi il n’est pas extérieur à ma vie, me dominant de haut. Il vient en notre humanité partager notre vie, nos soucis et nos peines. Il porte avec nous le poids du jour. Dieu est avec nous pour que le peuple soit avec Lui. Dieu se fait l’un de nous pour que nous puissions être près de Lui !

Ce mystère de l’Incarnation, que nous fêtons ce soir, n’est pas qu’un événement du passé. Il se réalise, aujourd’hui encore, par la grâce répandue dans nos âmes. Oui, Dieu est avec nous (Emmanuel) car Il sauve : c’est le sens du nom de Jésus.

Mais alors, si il est le Sauveur, pourquoi vient-il dans la faiblesse d’un enfant ? L’enfant, c’est la petitesse et l’humilité qui provoquent admiration, étonnement, émerveillement. Cela entraîne confiance et amour. N’est-ce pas ce que sera Jésus tout au long de sa vie terrestre vis-à-vis de son Père : amour et confiance jusque sur la croix. Dieu se fait enfant pour entraîner avec lui l’humanité dans ce mouvement de l’admiration, de l’étonnement, de l’émerveillement, de la confiance et de l’amour… pour nous faire entrer dans la dynamique de sa Miséricorde ! « La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. (…) La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son coeur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » (Pape François, Misericordiae Vultus n°2)

En cette fête de Noël, entrons tous ensemble dans la dynamique de la Miséricorde de Dieu, dans ce mouvement d’amour qui le fait venir à nous pour que nous puissions aller à lui sans crainte. Oui, frères et sœurs, « aujourd’hui, (…) vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Luc 2,11) Alors, tous ensemble « chantez au Seigneur un chant nouveau, (…) chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! » (Psaume 95, 1.2-3) Oui, unissons nos voix à celles de la troupe céleste en proclamant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » (Luc 2,14)

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