La fête de ce jour nous invite à contempler la belle figure de saint Joseph. Il est un témoin privilégié qui peut nous permettre d’accueillir la miséricorde divine. Nous l’avons entendu dans l’évangile : quand il apprend que Marie, qui lui est accordée en mariage, est enceinte par l’action de l’Esprit Saint, saint Joseph ne se juge pas digne de pouvoir accueillir un tel mystère. Il cherche donc le moyen le plus juste pour rendre à celle qui a été choisie de Dieu sa liberté, sans que cela est de conséquence pour elle.

Il est grand ce charpentier de Nazareth car il a assez d’humilité pour accueillir la parole de l’ange qui lui apparaît en songe et qui lui confie la mission de devenir le père adoptif de celui qui portera le nom de Jésus, c’est-à-dire « Le Seigneur sauve ». Saint Joseph accueille la Parole de Dieu et y consacre toute sa vie. Cela le conduit sur des chemins imprévus où il apprend à s’abandonner en toutes choses entre les mains du Père. Par son « oui », saint Joseph engage sa liberté pour un dessein qui le dépasse mais qui va donner à sa vie une extraordinaire fécondité. Saint Joseph met toute son intelligence, toute sa volonté, tout son amour au service de Dieu pour que le projet de Dieu pour l’humanité se réalise.

A l’heure où l’individualisme est de mise, à l’heure du chacun pour soi, saint Joseph est un modèle à invoquer pour nous faire sortir de nos égoïsmes. A son exemple, nous pouvons nous ouvrir à la Parole de Dieu et l’accueillir concrètement dans notre vie. A la suite de saint Joseph, chacun, selon ses conditions de vie, est invité à suivre dans l’esprit et la pratique concrète les vertus que nous trouvons en lui : obéissance, pauvreté et chasteté. Ces vertus font de lui un homme juste et bon. Saint Joseph doit être notre modèle de vie chrétienne. Il est pour nous un modèle que nous devons chercher à imiter.

Oui, saint Joseph est un modèle à imiter même si nous savons peu de chose de lui. « L’Evangile ne rapporte de lui aucune parole. Son langage, c’est le silence ; c’est l’écoute de voix angéliques qui lui parlent pendant le sommeil ; c’est l’obéissance prompte et généreuse qui lui est demandée ; c’est le travail manuel sous ses formes les plus modestes et les plus rudes, celles qui valurent à Jésus le qualificatif de « fils du charpentier » (Mt 13, 55). Et rien d’autre : on dirait que sa vie n’est qu’une vie obscure, celle d’un simple artisan, dépourvu de tout signe de grandeur personnelle. » (Paul VI, Homélie du 19 mars 1969) Cependant cette vie est une vie proche de Jésus et de Marie, et c’est de pouvoir entrer dans cette intimité avec eux qu’il nous faut demander à saint Joseph. En observant avec attention cette vie modeste, nous la découvrons « plus grande, plus heureuse, plus audacieuse que ne le paraît à notre vue hâtive le profil ténu de sa figure biblique. L’Evangile définit saint Joseph comme « juste » (Mt 1, 19). On ne saurait louer de plus solides vertus ni des mérites plus élevés en un homme d’humble condition, qui n’a évidemment pas à accomplir d’actions éclatantes. Un homme pauvre, honnête, laborieux, timide peut-être, mais qui a une insondable vie intérieure, d’où lui viennent des ordres et des encouragements uniques, et, pareillement, comme il sied aux âmes simples et limpides, la logique et la force de grandes décision, par exemple, celle de mettre sans délai à la disposition des desseins divins sa liberté, sa légitime vocation humaine, son bonheur conjugal. De la famille il a accepté la condition, la responsabilité et le poids, mais en renonçant à l’amour naturel conjugal qui la constitue et l’alimente, en échange d’un amour virginal incomparable. Il a ainsi offert en sacrifice toute son existence aux exigences impondérables de la surprenante venue du Messie, auquel il imposera le nom à jamais béni de Jésus (Mt 1, 21) ; il Le reconnaîtra comme le fruit de l’Esprit-Saint et, quant aux effets juridiques et domestiques seulement, comme son fils. S. Joseph est donc un homme engagé. Engagé — et combien ! — : envers Marie, l’élue entre toutes les femmes de la terre et de l’histoire, son épouse non au sens physique, mais une épouse toujours virginale ; envers Jésus, son enfant non au sens naturel, mais en vertu de sa descendance légale. A lui le poids, les responsabilités, les risques, les soucis de la petite et singulière Sainte Famille. A lui le service, à lui le travail, à lui le sacrifice, dans la pénombre du tableau évangélique, où il nous plaît de le contempler et, maintenant que nous savons tout, de le proclamer heureux, bienheureux. » (Paul VI, Homélie du 19 mars 1969)

Ainsi, en contemplant la vie de saint Joseph, nous découvrons comment la miséricorde de Dieu est présente et comment celle-ci guide cette vie qui lui est toute donnée. Demandons à saint Joseph qu’il nous accompagne pour que nous puissions nous abandonner toujours plus entre les mains de la miséricorde de Dieu. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.