Tout au long du déroulement de la Veillée Pascale, nous redécouvrons tout le mystère de la miséricorde de Dieu pour son peuple. De la création à la Résurrection du Christ, nous voyons comment l’être même de Dieu qui est Amour se manifeste dans l’histoire de l’humanité mais aussi dans notre histoire personnelle.

Par amour, Dieu crée le monde. Au sommet de cette œuvre d’amour, Dieu crée l’homme et la femme, à son image et à sa ressemblance. Ils reçoivent la mission de louer et glorifier Dieu en prenant soin de la création qui leurs est confiée. Ainsi Dieu manifeste son amour, sa miséricorde pour sa création. Mais nous le savons, l’homme et la femme s’accaparent l’œuvre de Dieu en s’affranchissant de Lui, ainsi nous faisons entrer le péché dans le monde, ainsi nous permettons à la mort de faire son œuvre.

Face à cette désobéissance de l’homme, Dieu va chercher à le faire revenir à Lui. Dieu met tout en œuvre pour faire comprendre à ses enfants l’amour qu’il a pour eux. Promesse, Alliance, don d’une loi de vie, Dieu déploie tout son amour pour que l’homme redécouvre sa vocation première, ce pour quoi il a été créé. Petits oui et grands non, l’homme s’enferme dans son péché et devient esclave. Dieu va alors à la recherche de son peuple en appelant Moïse et les prophètes pour conduire son peuple. De la terre d’esclavage à la Terre Promise, en traversant les eaux de la Mer Rouge, préfiguration des eaux du baptême, Dieu libère son peuple de la mort du péché. Malgré cela, l’homme préfère encore errer dans le désert à la recherche du bonheur qu’il trouvera quand il acceptera de se laisser conduire par Dieu !

L’amour de Dieu, sa miséricorde est plus forte que tout. Dieu ne peut laisser ses enfants se perdre. Par tous les moyens, il cherche à les faire revenir à lui non pas par égoïsme mais parce qu’il sait que le bonheur de l’homme se trouve dans l’amour de Dieu reçu et vécu. Dieu vient à eux en s’incarnant, en se faisant homme en Jésus-Christ. Pleinement Dieu et pleinement homme, Jésus trace devant nous, trace avec nous, le chemin pour avancer vers le Père, pour vivre la miséricorde. Ce chemin, il l’ouvre jusqu’en acceptant de mourir pour nous sur la Croix, portant sur Lui notre péché. Ce chemin, il l’ouvre par sa Résurrection, victoire de la vie sur la mort, victoire de l’amour sur le mal.

Depuis la résurrection du Christ, nous vivons de sa vie, nous vivons de sa miséricorde. C’est le don qui nous a été fait au baptême. Par le baptême nous sommes unis au Christ : nous sommes unis à sa mort et nous sommes unis à sa résurrection. Le baptême nous donne une vie nouvelle. Par le baptême nous sommes « vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » (Romains 6,11) Dans quelques instants, nous allons renouveler les promesses de notre baptême. Nous allons nous laisser asperger par cette eau qui nous a donné la vie. A cet instant, demandons, sincèrement, dans le fond de notre cœur d’être pleinement renouvelé dans la grâce de notre baptême et de pouvoir éprouver réellement la miséricorde de Dieu.

En nous approchant ensuite de la table de l’Eucharistie, nous nous laisserons nourrir de l’amour du Christ qui se donne à nous en son Corps. Laissons-nous transformer de l’intérieur par ce don de Dieu. Il ne pouvait pas se rendre physiquement plus proche de nous que par l’Eucharistie. Accueillons-le avec confiance. Laissons-le nous approcher sans crainte pour accueillir son amour, le laisser vivre en nous.

Oui, en cette Veillée Pascale, nous expérimentons la miséricorde de Dieu. Nous sommes passés des ténèbres du monde à la lumière donnée par le Christ ressuscité au cœur de l’Eglise. Nous avons réécouté l’histoire du peuple de Dieu qui découvre la profondeur, la beauté de la miséricorde : de la création à l’esclavage du péché, de l’esclavage à la libération, de la libération au don de la Terre Promise, de l’Incarnation du Fils de Dieu à sa mort et à sa résurrection, du don du baptême à l’Eucharistie jusqu’au Salut final. Nous avons fait là le chemin de la miséricorde que Dieu ne cesse de déployer dans nos vies… Puissions-nous, avec l’aide de tous les saints qui nous ont précédés, être témoin de cette miséricorde là où Dieu nous envoie ! Puissions-nous, avec confiance, raconter l’œuvre de la miséricorde de Dieu dans notre vie : comment lui-même, nous libère du péché pour nous donner sa grâce ; comment il nous fait passer de la mort à la vie ! Peuple de baptisés, en cette nuit très sainte, Dieu nous a rendu la vie ! Alors, ne nous fermons pas à la nouveauté que Dieu veut apporter dans notre vie !

Peut-être que nous sommes fatigués, déçus, tristes, que nous sentons le poids de nos péchés ; peut-être que nous nous sommes quelque peu désespéré en pensant que nous n’y arriverons pas… « Ne nous replions pas sur nous-mêmes, ne perdons pas confiance, ne nous résignons jamais : il n’y a pas de situations que Dieu ne puisse changer, il n’y a aucun péché qu’il ne puisse pardonner si nous nous ouvrons à Lui. » (Pape François, Homélie pour la Veillée Pascale 2013) Acceptons que Jésus Ressuscité entre dans notre vie, accueillons-le comme un ami, avec confiance : Il est la Vie ! Là est la miséricorde de Dieu ! Ressuscité avec le Christ, soyons des vivants témoins de la miséricorde. Amen !

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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