Aujourd’hui, avec toute l’Eglise nous nous réjouissons et nous fêtons dans la joie l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu.

Préservée du péché dès l’instant de sa conception, Marie, au soir de sa vie, n’a pas connu la corruption de la mort. Corps et âme, elle est montée auprès de son Fils dans la gloire du ciel. Nous parlons ainsi de l’Assomption ou de la Dormition de la Vierge Marie.

Si, avec toute l’Eglise, nous célébrons une telle fête, c’est aussi parce que la vie de Marie a été un « oui » total et complet au Seigneur. Marie est toute donnée à Dieu par la réponse totalement libre qu’elle a fait à l’ange venu la visiter au jour de l’Annonciation : « Que tout se passe pour moi, selon ta parole ».

Ce « oui » de Marie est le oui de l’Espérance. Marie a mis toute sa foi dans la réalisation de la promesse de Dieu, dans une attention toute particulière « aux choses d’en haut » comme nous l’avons prié avec l’oraison d’ouverture de cette messe. Le « oui » de Marie n’est donc pas un « oui » béat, mais une adhésion forte et sans condition à la Parole de Dieu. Cette Parole qu’elle n’avait de cesse de méditer, de garder en son cœur. Le « Oui » de Marie à la Parole de Dieu, n’a pas eu d’autres conséquences que de mettre au monde, d’enfanter cette Parole, le Verbe de Dieu, le Christ Jésus.

Toutes les fêtes de la Vierge Marie nous interrogent donc sur notre propre « Oui » à la Parole de Dieu, sur notre propre foi en la réalisation de la promesse de Dieu, en notre attention à la réalisation des choses d’en haut. Et moi, suis-je entièrement tourné vers le but de toute vie : la contemplation face à face de Dieu au soir de ma vie ? Ai-je le souci de garder tous ces événements dans mon cœur ?

Le « Oui » de Marie nous entraîne donc nous aussi sur le don complet de nous-même à Dieu : que ce soit dans le mariage, la vie consacrée, le célibat… Le « oui » de Marie et tout l’Evangile qui en découle vient nous redire que la fidélité à ce don de moi-même est réalisation de la Promesse de Dieu. La vie de Marie nous apprend que cette fidélité n’est pas un long fleuve tranquille mais que c’est un combat de tous les jours. Cette fidélité est simplement le renouvellement du don de moi-même à Dieu chaque matin, chaque soir, chaque instant de ma vie !

Dans la joie de l’enfantement, dans l’angoisse de la disparition de Jésus au Temple, dans l’éducation à donner à l’enfant Jésus, dans la souffrance de la condamnation et la mort de son fils, dans la prière au Cénacle, la force et la fidélité du « Oui » de Marie nous ouvre le chemin de l’Espérance, le chemin de la contemplation de Dieu. Il n’y avait pas un « oui » plus difficile à dire que celui de Marie, une fidélité plus grande que celle-là. Le « oui » de la Vierge Marie, parfait image de l’Eglise à venir, aurore de l’Eglise triomphante, entraîne le « oui » de toute l’Eglise,  peuple de baptisés. Ainsi, mon propre « oui », mon propre don de moi-même à Dieu, conduit toute l’Eglise sur ce chemin de sainteté. Le « oui » de l’Eglise et sa fidélité à la Parole de Dieu me conduit sur l’accomplissement du propre don de moi-même.

Parce que Marie a dit « oui », parce qu’elle est Mère, parce ce qu’elle est « guide et chemin de l’espérance du peuple de Dieu encore en chemin », comme nous le prierons dans la préface de ce jour, chacun de nous, chacun des baptisés, toute l’Eglise peut prononcé un « oui » franc et confiant à Dieu, réaliser pleinement le don de lui-même à cette parole… c’est là le chemin de la sainteté, l’accomplissement de la promesse divine. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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