Deuils, catastrophes, violences, guerres… Notre monde est marqué par la souffrance et face à celle-ci nous pourrions nous décourager : mais que fait le bon Dieu ? Et le doute nous saisit ! Il est alors bon d’entendre l’Évangile, qui « n’est pas une invention humaine » (Galates 1,11) mais une « révélation de Jésus Christ » (Galates 1,12). Celui-ci nous dévoile la compassion de Dieu pour son peuple. Le point central de l’évangile de ce dimanche n’est pas le miracle accompli par Jésus, ce n’est pas la résurrection de l’enfant mais c’est la compassion de Jésus pour cette veuve qui vient de perdre son fils unique.

Au cœur de deux foules qui se rencontrent : celle qui suit Jésus et celle qui sort de la ville pour enterrer l’un des siens, Jésus ne voit que la veuve éplorée. Celle-ci a tout perdu : comme veuve, elle n’a plus de statut social et là, elle perd son fils unique. Cette situation fait que Jésus est pris de compassion. Il est littéralement pris aux entrailles, pris aux tripes, remué au plus profond de lui-même par la situation. Il ne peut donc rester indifférent à la peine de cette mère. Il l’invite donc, en premier lieu, à la confiance : « Ne pleure pas. » (Luc 7,13). Ensuite, il touche le cercueil et ordonne au mort de se lever et il rend l’enfant à sa mère. Il rend la vie aussi bien à l’enfant, en le relevant de la mort, et à la mère, en lui redonnant une condition sociale.

Dans ce texte, nous avons donc un bel exemple de la miséricorde de Dieu. Nous découvrons la miséricorde dans sa forme la plus féminine qui « est l’amour maternel viscéral, qui s’émeut face à la fragilité de son nouveau-né et l’embrasse en suppléant à tout ce qui lui manque pour qu’il puisse vivre et grandir. » (Pape François, Jubilé des prêtres, 1ère prédication, 2 juin 2016) Nous découvrons aussi cette même miséricorde dans sa forme la plus masculine qui « est la ferme fidélité du Père qui soutient toujours, pardonne et remet ses enfants sur le chemin. » (Ibid.). Oui, ici, Jésus, qui « est le visage de la miséricorde du Père » (Pape François, Misericordiae Vultus, n°1) nous dévoile bien l’amour viscéral de Celui qui s’émeut face à la fragilité de son enfant, la veuve dans l’évangile de ce jour, et qui va agir pour qu’elle puisse continuer à vivre. Par cet acte, il manifeste la fidélité du Père qui soutient et remet ses enfants sur le chemin de la vie. Et les foules qui sont présentes ne s’y trompe pas car elles rendent gloire à Dieu en disant : « Dieu a visité son peuple. » (Luc 7,16).

Quelle leçon pour nous ? Est-ce que je suis prêt à ce que Jésus lui-même soit pris aux entrailles, pris de compassion par ma pauvreté, ma misère ? Est-ce que je suis prêt à le laisser m’inviter à la confiance, c’est-à-dire à m’abandonner entièrement à lui, pour le laisser agir dans ma vie et me relever, me remettre debout ? Et dans un troisième temps, est-ce que je suis prêt à reconnaître son œuvre en ma vie et à lui rendre gloire pour sa miséricorde en témoignant de celle-ci ?

Le Seigneur ne se lasse jamais de faire miséricorde. N’ayons pas peur de nous livrer entièrement à Lui pour qu’il puisse faire son œuvre en nous. N’ayons pas peur d’être aussi témoin, acteur de la miséricorde pour celles et ceux qui nous entourent. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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