Jésus prend, « le visage déterminé » (Luc 9,51), la route de Jérusalem où il donnera librement sa vie. C’est vers sa Pâques que Jésus marche avec détermination. Cette détermination de Jésus manifeste la liberté qu’il a pour monter à Jérusalem. Cette décision relève d’une décision mûrie, réfléchie, prise en conscience, en union avec le Père, union dans laquelle il trouve force et lumière. Jésus est libre de monter à Jérusalem pour y offrir sa vie… et il nous veut libre comme lui. C’est ce qu’il nous dit par les trois rencontres de l’évangile de ce jour.

La première rencontre est avec cet homme qui lui dit : « Je te suivrai partout où tu iras. » (Luc 9,57) La réponse de Jésus peut nous surprendre. Au lieu d’encourager cet homme à le suivre, Jésus lui décrit simplement les conditions matérielles de sa vie terrestre : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » (Luc 9,58)

La deuxième rencontre se fait à l’initiative de Jésus. Il interpelle un homme en lui adressant un simple : « Suis-moi. » (Luc 9,59) Avant de répondre présent à l’appel, cet homme demande à pouvoir enterrer son père. A vue humaine, cela nous paraît être une réaction logique mais Jésus lui répond : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » (Luc 9,60) Dans toutes nos démarches, ce qui doit être premier, est l’annonce de la Bonne Nouvelle.

La troisième rencontre, Jésus invite son interlocuteur à ne pas regarder en arrière alors que celui-ci désire faire ses adieux aux gens de sa maison.

Ces trois rencontres nous appellent à la liberté. Marcher à la suite de Jésus, être chrétien, relève d’un choix radical, déterminé. C’est ce que saint Paul écrit aux Galates : « C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. » (Galates 5,1) Oui, Jésus nous veut libre. Il nous veut avec cette liberté qui vient du dialogue avec le Père, avec Dieu. « Jésus ne veut pas de chrétiens égoïstes, qui suivent leur propre moi, ne parlent pas avec Dieu, ni de chrétiens faibles, des chrétiens qui n’ont pas de volonté, des chrétiens « télécommandés », incapables de créativité, qui cherchent toujours à être en liaison avec la volonté d’un autre, et ne sont pas libres. » (Pape François, Angélus du 30 juin 2013)

Dans sa lettre aux Galates, saint Paul écrit : « Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et ne vous risquez pas de satisfaire les convoitises de la chair. » (Galates 5,16) Marcher sous la conduite de l’Esprit Saint, c’est apprendre à entrer dans un dialogue avec Dieu. « Si un chrétien ne sait pas parler avec Dieu, ne sait pas entendre Dieu dans sa conscience, il n’est pas libre. » (Pape François, Angélus du 30 juin 2013) Pour cela, il nous faut apprendre à écouter notre conscience, non pas faire ce qui m’intéresse, ce qui me convient, ce qui me plait. « La conscience est l’espace intérieur de l’écoute de la vérité, du bien, de l’écoute de Dieu. C’est le lieu intérieur de ma relation avec Lui, qui parle à mon cœur, et m’aide à discerner, à comprendre la route que je dois parcourir, et une fois la décision prise, à avancer, à rester fidèle. » (Pape François, Angélus du 30 juin 2013)

Jésus prend, « le visage déterminé » (Luc 9,51), la route de Jérusalem et, chrétiens, il nous entraine à sa suite. Il nous demande aussi de prendre résolument la route avec lui.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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