Le dialogue entre le docteur de la Loi et Jésus autour de la question : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » (Luc 10,25) débouche sur la parabole du Bon Samaritain. Ceci grâce à la question qui voulait mettre en difficulté Jésus : « Qui est mon prochain ? » (Luc 10,29)

Dans cette parabole, l’attitude du prêtre et de lévite peuvent nous étonner. Pourquoi contournent-il le moribond ? Cela s’explique par le fait que, selon la loi de Moïse, tout homme qui touche un cadavre est impur pendant une semaine. S’il est contaminé et qu’il accomplit un acte cultuel, il doit être expulsé du peuple. Ces deux hommes se trouvent donc devant un choix cornélien : observer les règles de pureté cultuelle ou bien assister un mourant ?

C’est donc un troisième homme, un Samaritain, qui passe par là qui va prendre soin de l’homme blessé. Selon la mentalité juive, le Samaritain est un impur, considéré comme un étranger. Ainsi ce qu’un prêtre ou un lévite n’accomplissent pas, c’est un Samaritain, un ennemi, qui l’accomplit. Avec cette parabole, Jésus provoque le docteur de la Loi : il lui montre que l’amour pour Dieu ne garantit pas l’amour pour le prochain.

Dans cette parabole, nous voyons que le Samaritain est « saisi de compassion » (Luc 10,33) pour l’homme à moitié mort. En grec, la compassion désigne les entrailles de l’homme, le cœur compris. Au temps de Jésus, on voyait dans les entrailles le lieu de l’expression des sentiments : amour, compassion et miséricorde. Ainsi, nous voyons que le Samaritain ne se contente pas de regarder le mourant. Il se sent impliqué au plus profond de lui-même. Il met tout en œuvre pour sauver l’homme. Jésus va décrire comment le Samaritain va s’impliquer : il s’approche du blessé, désinfectes et panse ses blessures, le charge sur sa monture, le conduit à l’auberge et prend soin de lui. Après une nuit, il estime que l’homme est vivant et il le confie à l’aubergiste jusqu’à son retour. C’est ainsi que le Samaritain se fait le prochain de l’homme blessé.

Une question se peut se poser alors à nous : et si, à travers cette parabole, Jésus voulait nous dire que le Samaritain qui prend soin de l’homme blessé, c’est lui ? Nous sommes l’homme blessé, laissé pour mort par le mal, le péché qui nous ronge. Jésus est le bon Samaritain qui prend soin de nous. Il est saisi de compassion pour nous, il nous fait miséricorde et nous montre tout son amour pour nous. C’est lui qui panse la plaie de notre péché. C’est lui qui vient nous sauver… alors laissons le Christ venir à notre rencontre. Il nous rejoint et soigne nos blessures, notre péché avec l’huile de la grâce et le vin de l’Esprit.

Jésus nous invite à être aussi l’aubergiste à qui il confie l’homme blessé. Il nous invite à entrer nous aussi dans ce mouvement de la miséricorde. Il nous invite à nous faire le prochain de ceux que la vie a marginalisés, a grièvement blessés.

« Va, et toi aussi, fais de même. » (Luc 10,37) C’est par ces mots de Jésus que la rencontre se termine. Ces mots, Jésus nous les adresse. Ils sont aussi pour nous ! « Fais ainsi et tu vivras » (Luc 10,28) avait-il dit au début de leur rencontre. « Fais ainsi et tu vivras » (Luc 10,37) nous dit-il, à nous aujourd’hui.

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