Aujourd’hui, nous clôturons l’octave de Noël en rendant grâce à Dieu pour la maternité de la Vierge Marie. De même, en ce premier jour de l’année civile, nous mettons cette nouvelle année sous la protection maternelle de Marie. Par elle, nous avons reçu « les trésors du salut éternel » et nous avons demandé au Seigneur qu’intervienne « en notre faveur celle qui nous permit d’accueillir l’auteur de la vie, Jésus » lui-même. (Prière d’ouverture de la messe)

Dans la 1ère lecture, nous avons entendu cette bénédiction : « Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix. » (Nombres 6,26) Que demander d’autre que la paix pour 2016 ? Prions pour que tout homme, toute femme, de bonne volonté accueille ce don de Dieu qui nous est confié pour que nous mettions en œuvre ce don.

En effet, la paix est un don de Dieu que nous avons à mettre en œuvre. Comme l’a dit le pape François aux jeunes de Bangui : « La paix, ce n’est pas un document qu’on signe et qui reste dans un coin. La paix, cela se fait tous les jours. La paix, c’est un travail artisanal. Cela se fait avec ses mains. On le fait avec sa vie. » Avec confiance, demandons au Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, de ne pas perdre l’espérance dans la capacité de l’homme à vaincre le mal et à ne pas s’abandonner à la résignation et à l’indifférence.

Au cœur de cette Année Sainte de la Miséricorde, interrogeons-nous : comment puis-je être un artisan de paix ? Un des premiers éléments de réponse est de mettre Dieu au centre. C’est de lui que nous recevons la vie et la « maison commune », la création toute entière, où nous grandissons. Je reçois la vie, tu reçois la vie, nous recevons la vie de Dieu. C’est le même souffle créateur qui nous fait vivre ! Ainsi, il est il important, pour bâtir la paix, d’entendre la question que Dieu pose à Caïn, après le meurtre d’Abel : « Où est ton frère ? » (Genèse 4,9) et de ne pas rester indifférent au sort de ce frère. Voilà un beau geste concret à vivre pour cette année, comme nous y invite le pape : « Dans l’esprit du Jubilé de la Miséricorde, chacun est appelé à reconnaître comment l’indifférence se manifeste dans sa propre vie, et à adopter un engagement concret pour contribuer à améliorer la réalité dans laquelle il vit, à partir de sa propre famille, de son voisinage ou de son milieu de travail. » (Pape François, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2016)

Aussi, « nous sommes appelés à faire de l’amour, de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité un vrai programme de vie, un style de comportement dans nos relations les uns avec les autres. Cela demande la conversion du cœur : c’est à dire que la grâce de Dieu transforme notre cœur de pierre en un cœur de chair (cf. Ex 36, 26), capables de s’ouvrir aux autres avec une solidarité authentique. » (Ibid.)

La paix commence à se bâtir concrètement là où nous vivons. C’est une action bien concrète que je décide de mettre en œuvre sans attendre que l’autre face le premier pas. Écoutons encore les conseils du pape aux jeunes de Bangui : « D’abord, ne pas haïr, jamais. Et si quelqu’un te fait du mal, il faut chercher à le pardonner. Pas de haine. Beaucoup de pardon. (…) Si tu n’as pas de haine dans ton cœur, si tu pardonnes, tu seras un vainqueur. Tu seras le vainqueur de la bataille la plus difficile de la vie. Vainqueur dans l’amour. Et avec l’amour vient la paix. Vous voulez être défaits ou vainqueurs dans la vie ? Et l’on ne vainc qu’en empruntant le chemin de l’amour. Peut-on aimer son ennemi ? Oui ! Peut-on pardonner à celui qui nous a fait mal ? Oui. Ainsi avec l’amour et avec le pardon, vous serez vainqueurs. Avec l’amour vous serez vainqueurs et vous donnerez la vie. L’amour fera toujours de vous des vainqueurs. »

Pas facile ! Mais puisque nous venons nourrir notre vie au sacrement de l’Eucharistie, souvenons-nous, comme l’a dit saint Paul, que « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie : “Abba !”, c’est-à-dire : Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu. » (Galates 4,6-7) Cette force n’ayons pas peur de la demander aussi dans le sacrement de la réconciliation !

Enfin, pour être artisan de paix, soyons aussi comme les bergers quand ils quittèrent la crèche après avoir adorer Jésus, le Christ : « ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. » (Luc 2,20) Redécouvrons, comme nous y invite notre évêque dans sa lettre pastorale, le langage de la bénédiction… c’est là aussi faire œuvre de miséricorde.

En 2016, soyons artisans de paix, témoins joyeux et vivant de la miséricorde. Sainte année !

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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