Aujourd’hui, la liturgie nous présente la figure d’un grand prophète : Jean le Baptiste. Saint Matthieu nous le dépeint comme un homme vivant au désert, vêtu de poil de chameau, les reins ceints d’une ceinture en cuir, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Il est désigné comme : « voix de celui qui crie dans le désert » (Matthieu 3,3)

Cette voix qui crie, a une certaine force de conviction puisque l’on vient de Jérusalem, de toute la Judée et de la région du Jourdain pour l’écouter. Elle invite à la conversion avec un langage qui n’y va pas par quatre chemins : « Engeance de vipères… » (Matthieu 3,7) dit-elle à ceux qui oppriment les plus faibles, les plus petits et elle annonce la colère de Dieu comme imminente. Ceux qui ne produisent pas de bons fruits seront coupés et jetés au feu. Cette voix s’adresse à celles et ceux qui se sont éloignés de Dieu et de son amour.

Cette voix ne fait pas qu’houspiller les auditeurs, elle leur adresse aussi un appel pour le Salut : « Convertissez-vous car le Royaume des Cieux est tout proche. » (Matthieu 3,2) « Préparez le chemin du Seigneur… » (Matthieu 3,3). Aujourd’hui, cette voix se fait encore entendre et elle nous appelle à la conversion car la venue du Seigneur est pour bientôt !

Cette conversion passe par la pénitence ! Celle-ci purifie le cœur, l’ouvre à l’espérance et le rend capable de vivre la rencontre avec le Christ. C’est une invitation à un style de vie plus sobre, une prière plus fréquente et une charité plus généreuse. Oui, la conversion appelle un changement intérieur, un changement d’esprit et de comportement qui commence par reconnaître que je ne suis pas digne que Dieu vienne habiter chez moi.

La conversion est aussi un acte de foi. Il ne s’agit pas d’adhérer à un message, à des valeurs mais bien de nous attacher à une Personne : le Christ. Adhérer au Christ Jésus, c’est devenir son disciple, se mettre à son école pour apprendre à penser comme Lui, à aimer comme Lui, à vivre de Lui. Se convertir, ce n’est pas dire ou penser des choses justes sur Dieu. C’est faire ce que Dieu attend de l’homme, c’est faire la volonté de Dieu.

La conversion est un cheminement de toute une vie, c’est un pèlerinage d’amour qui ramène l’homme vers celui qui le précède, qui vient vers nous : Dieu lui-même.

Cette conversion entraine donc toute notre personne, toute notre existence et pas uniquement pendant les quatre semaines qui nous préparent à Noël mais chaque jour de notre vie. Se convertir, c’est reprendre à notre compte la prière faite par le prêtre au début de cette messe : « Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. » (Collecte du 2ème dimanche de l’Avent).

Se convertir, c’est laisser le Christ agir dans ma vie pour purifier ce qui a besoin de l’être, pour recueillir ce qui porte du fruit. Se convertir, c’est accepter que l’Esprit Saint vienne embraser ce qui, en moi, est souillé pour le purifier au feu de l’amour. Se convertir, c’est accepter que l’Esprit Saint réveille, ravive le feu de l’amour. Se convertir, c’est accepter ce jugement de Dieu qu’annonce Jean le Baptiste en parlant du baptême dans l’Esprit Saint et le feu.

La voix qui, aujourd’hui, nous invite à la conversion est celle de l’Evangile. Elle porte cette Parole qui est là « pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. » (Romains 15,4) Et le but de la conversion est : « que le Dieu de la persévérance et du réconfort [nous] donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. » et que « d’un même cœur, d’une seule vois, [nous rendions] gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. » (Romains 15,5-6)

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

0 réponse pour “2 dimanche de l’Avent – Année A”

  • Bonjour Yves. Après avoir écouté tes homélies pendant notre pèlerinage à Rome, j ai voulu continuer à suivre ce que tu as à nous dire . Merci pour ton message de ce dimanche où tu nous dit que suivre le Christ c est apprendre à penser comme lui ,à aimer comme lui et à vivre de lui. Un programme à suivre tous les jours de notre vie! Pas facile tous les jours …mais combien exaltant !

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