« Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée… » (Hébreux 12,1) Ces mots ont dû être un leitmotiv de nombreux sportifs participants aux Jeux Olympiques. Combien d’heures d’entrainement pour atteindre le top niveau ? Combien de sacrifices pour espérer monter sur la première marche du podium ? Quelle endurance, quelle « aptitude à résister aux fatigues physiques ou aux épreuves morales » (Définition de l’endurance – Larousse.fr) pour gagner une médaille ?

Ces mots sont aussi ceux qu’adresse l’auteur de la lettre aux Hébreux à une communauté chrétienne persécutée : « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée… » (He 12,1) Il nous présente la vie de foi comme une compétition sportive. Dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul fait de même : « Dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entrainement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas. » (1 Co 9,24-25)

En ces temps troublés où Satan semble plus fort que Dieu par le mal et la haine qu’il déverse sur le monde, ce qui peut ébranler fortement notre foi en Dieu, il nous est bon d’entendre cette invitation : « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée… » (1 Co 9,24-25) Cette épreuve n’est pas à courir n’importe comment. Deux conditions sont nécessaires : nous débarrasser de tout ce qui nous alourdit et avoir les yeux fixés sur Jésus-Christ.

Afin de traverser avec endurance cette épreuve, l’athlète doit se débarrasser de tout ce qui peut l’alourdir ou l’entraver. Le chrétien s’est déshabillé pour recevoir le baptême. Il a déposé son vêtement de pécheur. Il nous faut maintenir ce détachement radical, condition indispensable pour tout progrès dans la vie de foi.

Nous sommes invités à la courir « les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de notre foi. » (He 12,2) Il est aussi nécessaire de nous tourner entièrement vers le Christ. Il est à l’origine de notre foi, il en est l’initiateur. Il est celui qui précède les autres sur le chemin à suivre. Il est un guide de confiance qui nous mènera jusqu’au but, qui nous mènera au terme de notre foi, à son accomplissement : il nous fera entrer dans l’intimité de Dieu. Pourquoi est-il un guide sur ? Il a lui-même subi cette épreuve d’endurance dans laquelle nous sommes, à notre tour, engagés. Et il l’a vécue plus durement que nous : « renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice » (He 12,2) Méditer la Passion du Christ, pour un chrétien, est donc le meilleur remède conte le découragement.

Pour vivre cela, nous ne sommes pas seuls. Nous « sommes entourés d’une immense nuée de témoins. » (He 2,1) : les grands témoins de la foi qui nous ont précédé. Ils sont comme des supporters, assis sur les gradins qui entourent le stade. Ils nous encouragent par leur présence car ils ont eux-mêmes triomphé des épreuves précédentes. Nous sommes fortement invités à écouter ces encouragements en méditant sur ce qu’a été leur vie, ce qu’ils nous enseignent. Prenons-les, non pas comme des modèles à imiter, mais comme des coaches qui nous stimulent, qui nous entrainent sur notre propre chemin de foi et de fidélité au seul modèle à imiter : Jésus-Christ lui-même. Ils nous apprendront à écouter la Parole de Dieu et à être attentif à l’Esprit-Saint pour parvenir à bien au terme du témoignage que nous devons livrer au monde d’aujourd’hui.

Ne baissons pas les bras ! Face à l’actualité, ne nous laissons pas enfermer dans les citernes du désespoir, ne nous laissons pas accabler par le découragement… Nourris par l’Eucharistie, Dieu nous donne la force de courir « avec endurance l’épreuve qui nous est proposée… », puissions-nous, à l’image de tous ces athlètes qui se donnent à fond pour gagner la médaille d’or, nous donner à fond pour vivre notre foi et être témoin de Jésus Christ quoiqu’il arrive. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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