Pour mettre un peu d’ambiance dans les repas de couples, rien de tel que de lancer la discussion sur le texte de saint Paul que nous avons entendu en seconde lecture. En effet, bien souvent la discussion tourne alors uniquement sur la soumission de la femme à son mari. Ceci est dommage car on perd alors tout ce que l’auteur dit sur la beauté du mariage.

Afin que vous n’ayez pas à chercher le texte, je vous le remets ici:

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari.

Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ: il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme: comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps: au contraire, on le nourrit, on en prend soin.

C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. (Ephésiens 5,21-32) (source AELF)

Revenons, si vous le voulez bien sur les premiers mots du texte: «par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres.» (Ephésiens 5,21) La soumission n’est donc pas à sens unique et elle a une source: Jésus-Christ. La soumission est réciproque tout comme l’est l’amour. La relation homme-femme, au cœur du couple, est à l’image de celle du Christ et de l’Eglise.

Dans ce cas là, se soumettre signifie: tenir compte de la volonté du conjoint, de son opinion, de sa sensibilité. C’est savoir dialoguer et non pas décider seul, c’est savoir renoncer, quand cela est nécessaire, à son opinion personnelle. Il faut alors se souvenir que, par le mariage, l’homme et la femme sont conjoints, c’est-à-dire qu’ils sont sous le même joug. En toute liberté, au jour de leur engagement, ils se sont engagés à porter ensemble toutes les responsabilités du mariage.

Pour vivre cet engagement, saint Paul nous donne alors le modèle du Christ et de l’Eglise. Le Christ a aimé l’Eglise et il s’est livré pour elle. Ainsi le véritable amour est dans le don de soi. C’est bien ce que se disent les mariés au jour de leur engagement: «Je me donne à toi… et je te reçois.»

La manifestation de cet amour peut se vivre de deux façons. La première est de combler la personne aimée de cadeaux, de dons divers et variés. La deuxième manière est plus exigeante: elle consiste à souffrir pour elle. Cet amour est bien à l’image de l’amour de Dieu pour l’humanité: il nous comble de dons avec la création, par la vie donnée… puis, en Jésus, il offre sa vie pour nous jusqu’à souffrir et mourir sur la Croix.

Il en est ainsi dans l’amour humain. Au début, on exprime son amour par de multiples cadeaux et attentions. Viens ensuite un temps où cela ne suffit plus. Il faut être capable de souffrir avec et pour la personne aimée. Je l’aime en dépit de ses limites, de ses pauvretés (et des miennes), dans le bonheur et les épreuves, dans la santé et dans la maladie, dans la vieillesse. C’est ainsi que mon amour devient à l’image de l’amour du Christ pour l’Eglise. L’amour devient alors communion. «Ce mystère est grand.» (Ephésiens 5,32)

C’est ce mystère de l’amour qui nous rassemble ce matin. C’est bien cet échange, ce don que nous vivons dans l’Eucharistie: Jésus se donne à nous dans son corps et en retour nous l’accueillons et faisons monter vers lui notre action de grâce, notre louange. Nous nous offrons à lui pour qu’il accomplisse en nous son œuvre d’amour, son œuvre de miséricorde.

C’est ainsi que, dans le mariage, l’amour de l’homme et de la femme a pour image l’amour du Christ et de l’Eglise. « Ce mystère est grand » et digne de respect. Cherchons, sans relâche, à toujours mieux le vivre et le connaitre. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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