En ce dernier dimanche d’août, nous nous unissons aux habitants de Crécy-en-Ponthieu pour fêter le saint patron de la ville : saint Louis. Roi de France, il est souvent représenté rendant la justice sous un chêne. Ses contemporains ont été marqués par son sens de la justice, sa pitié et sa profonde charité envers les pauvres.

A vingt ans, Louis IX épouse Marguerite de Provence. Tous les deux partent, en 1248, délivrer la Terre Sainte. Après avoir été fait prisonnier et libéré, de retour dans son royaume, Louis IX entreprend de grandes réformes. Il interdit les duels judiciaires. Il fonde des hôpitaux et des monastères. Sous son règne, le royaume de France connaît un essors culturel, intellectuel et théologique. En 1257, il fonde, avec Robert de Sorbon, la Sorbonne. Son plus grand souci est de pacifier, de réconcilier les ennemis et d’éteindre les conflits, en particulier entre la France et l’Angleterre… Son dernier rêve ne se réalisera pas : celui de retourner en Terre Sainte pour annoncer l’Évangile au sultan d’Égypte. La maladie a raison de lui le 25 août 1270 alors qu’il se trouve à Carthage, l’actuelle Tunis. (Sources : nominis.cef.fr)

En ce dimanche, où nous faisons mémoire, ici, de saint Louis, la Providence nous donne d’entendre, en 1ère lecture, les mots de Ben Sirac le Sage : « Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. » (Si 3,17-18) Ces mots, saint Louis semblent en avoir fait sa règle de vie.

Méditer sur la vie de saint Louis et sur les paroles de Ben Sirac le Sage, nous invite à redécouvrir une vertu qui n’est plus en odeur de sainteté dans la société contemporaine : l’humilité. L’humilité nous permet de nous présenter devant Dieu tel que nous sommes. La lumière que Dieu nous accorde dans cette attitude d’humilité nous fait découvrir notre finitude et notre petitesse mais celles-ci ne nous écrasent pas. Elles ne sont pas une occasion de tristesse ou de désespérance. Bien au contraire, cette attitude va être une source de joie : je vais découvrir la grandeur de mon identité, de mon être qui est capable de dialoguer avec le Créateur et d’accepter avec une liberté totale ma dépendance par rapport à Lui. L’humilité nous permet d’expérimenter une plénitude intérieure qui s’exprime dans une relation personnelle avec Dieu qui nous a créés, qui nous maintient dans l’existence et se révèle à nous avec un visage humain en Jésus Christ. L’humble entend avec confiance l’appel de Dieu, aussi déconcertant soit-il, et il l’accepte avec joie et avec foi.

L’humilité, c’est avoir « une oreille qui écoute » (Si 3,29) les conseils, les consignes, les commandements. C’est tout le contraire de l’orgueilleux qui est plein de lui-même et qui croit tout comprendre seul. L’orgueilleux a le cœur fermé. Cette humilité, saint Louis a cherché à le vivre en ne se comportant pas comme un despote mais en cherchant sans cesse le bien d’autrui et celui de Dieu. Il a aussi voulu l’enseigner à son fils ainé Philippe III le Hardi. Nous retrouvons cet enseignement dans le testament de saint Louis. Permettez-moi d’en citer quelques lignes pour notre édification personnelle et parce qu’elles peuvent être un enseignement pour nous aujourd’hui.

« Cher fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir. » Il va ensuite exhorter son fils à ne rien faire qui déplaise à Dieu. Il l’invite à accueillir persécution, maladie et souffrance comme un lieu de conversion pour mieux se rapprocher de Dieu. De même, dans la prospérité, la santé, il lui apprend à demeurer dans l’action de grâce. Pour vivre tout cela, il exhorte son fils à vivre pleinement des sacrements, surtout du sacrement de la réconciliation.

Au cœur du pouvoir, le bon saint Louis invite son fils à garder le cœur ouvert aux autres : « Cher fils, je t’enseigne que tu aies le cœur compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considèreras comme souffrant ou de cœur ou de corps , et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes. » (…) « Aime le bien en autrui et hais le mal. »

Saint Louis offre aussi à son fils un enseignement sur l’exercice du pouvoir : « Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice. »

Il offrira aussi quelques bons conseils à son fils sur la vie de famille : « Cher fils, je t’enseigne que tu aimes et honores ta mère, et que tu retiennes volontiers et observes ses bons enseignements, et sois enclin à croire ses bons conseils. » « Aime tes frères et veuille toujours leur bien et leur avancement, et leur tiens lieu de père pour les enseigner à tous biens, mais prends garde que, par amour pour qui que ce soit, tu ne déclines de bien faire, ni ne fasses chose que tu ne doives. »

Nous pourrions relire ainsi tout le testament de saint Louis qui est, d’un bout à l’autre, un enseignement sur l’humilité pour un homme appelé à exercer une fonction de gouvernement au sein du peuple.

Que saint Louis nous aide à entrer sur ce chemin d’humilité. Confions-lui cette terre qu’il a gouverné : que notre pays puisse, comme il a cherché à le vivre, trouver le chemin de la paix et du vivre ensemble, le chemin de l’Evangile. Amen.

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