« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Marc 8,29) Cette question, Jésus la pose à tous ses disciples. C’est donc à chacun de nous qu’elle est posée. Aujourd’hui, qui est Jésus pour moi ? A la suite de Pierre, nous sommes invités à faire notre profession de foi et laisser jaillir de notre cœur cette réponse : « Tu es le Christ » (Marc 8,29)

Qu’est-ce que cela signifie ? C’est entendre, comme les disciples, « qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que trois jours après, il ressuscite. » (Marc 8,31) Pas facile à entendre… nous aimerions tellement que Jésus vienne et impose sa puissance pour que tout le monde croit en lui ; qu’il nous libère de celles et ceux qui ne pensent pas comme nous, qui ne croient pas comme nous… Mais Jésus vient comme le Serviteur souffrant que nous présente le prophète Isaïe. Il est celui qui va jusqu’au bout de sa mission, ne se dérobant ni aux coups, ni aux insultes, ni même à une mort infâme. Et c’est comme cela qu’il nous sauve ! C’est en donnant sa vie, par amour, qu’il nous libère du péché, qu’il nous ouvre le chemin de la réconciliation avec Dieu, le chemin de la miséricorde.

Et Jésus demande à ses disciples d’emprunter le même chemin : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Marc 8,34) Il ne s’agit pas de s’inventer des croix, de rechercher la souffrance. Marthe Robin dit : « Ne nous créons pas nos souffrance, mais quand […] elles se présentent […], avec Jésus, avec Marie, portons-les vaillamment, avec amour et en silence » (parole du 7 janvier 1930). Prendre sa croix signifie donc : ne pas fuir la difficulté, l’épreuve quand elle se présente mais savoir l’offrir au Seigneur, nous unir au Christ en croix qui a offert sa vie par amour pour nous. C’est là que se fait notre rédemption. C’est là que nous éprouvons le Salut car nous puisons alors à la source même de l’amour du Christ. C’est de son côté ouvert sur la croix que jaillit le sang et l’eau, que jaillit la grâce de l’amour et des sacrements  qui nous font vivre.. Ainsi, en marchant à la suite de Jésus, ne recherchons pas notre propre intérêt, renonçons à nous-même pour entrer dans un plus grand attachement au Christ.

Ce discours n’est pas dans le politiquement correct mais ouvrons les yeux, regardons autour de nous, et peut-être sommes-nous dans cette situation, combien de nos contemporains ont une lourde croix à porter aujourd’hui ? Ils ne peuvent la fuir… et nous refuserions les petites tribulations du quotidien, toutes ces petites croix que le Seigneur nous donnent de porter avec Lui ? Elles sont sources de salut. Elles sont le chemin de notre rédemption. Apprenons à renoncer à nous-mêmes et à nous unir au Christ pour être des disciples authentiques.

Entendre Jésus nous poser la question : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » et désirer répondre d’un cœur sincère à celle-ci, c’est aussi être capable d’entendre l’interpellation de saint Jacques sur la place du plus pauvre au cœur de nos communautés. Comment sont-ils au centre de nos préoccupations ? Comment rendent-ils vivant notre foi en Jesus-Christ mort et ressuscité ? C’est aussi être capable d’entendre l’appel du pape, relayé par notre évêque, sur l’accueil d’une famille de réfugiés dans chaque paroisse. Comment allons-nous nous préparer à cette éventualité ? Quelles sont nos forces ? Nos moyens ? Avec quels partenaires (associations, pouvoirs publics…) ? Quelles compétences avons-nous (qui parle anglais…) ?

Que la grâce de cette Eucharistie nous aide à proclamer avec Pierre : « Tu es le Christ. » et de suivre le Christ sans avoir peur de la Croix qui se présentera sur notre chemin. Elle source du Salut, tremplin de la Résurrection. Amen.

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