Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais, personnellement, plus j’avance sur le chemin de la vie chrétienne, plus je m’aperçois que ma foi est bien petite et qu’il serait peut-être bon de faire la même demande que les Apôtres : « Augmente en nous la foi ! » (Luc 17,5)

Dans leur mission d’apôtre, c’est-à-dire d’envoyé, ces derniers font certainement l’expérience de leur impuissance. Ce serait tellement plus facile s’ils avaient plus de foi ! Oui, si nous avions plus de foi, ce serait plus facile pour annoncer l’Évangile… Pas si sur ! car Jésus répond : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi. » (Luc 17,6) Par cette réponse, Jésus ne cherche pas à nous décourager. La question n’est pas d’évaluer notre foi. Jésus nous invite à compter sur la puissance de Dieu. Ce n’est pas nous qui sommes tout puissant mais le Seigneur en qui nous mettons notre foi. Mettre totalement notre foi en Dieu, faire confiance à Dieu qui se révèle comme Père en son Fils Jésus-Christ, voilà le défi de toute vie.

Pour cela, il est peut-être bon de nous rappeler que la foi ne s’acquiert pas à la force du poignet. Elle n’est pas le fruit de notre effort ou de notre volonté. Elle est un don de Dieu que j’accepte de recevoir. Ce don, je le reçois au baptême et il est fortifié au jour de la confirmation. Aussi, nous pouvons mettre en résonnance la demande des Apôtres auprès de Jésus : « Augmente en nous la foi ! » (Luc 17,5) et l’exhortation de Paul à Timothée : « Ravive le don gratuit de Dieu ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. » (2 Timothée 1,6) Le don de la foi vit en nous par l’Esprit Saint qui anime notre vie… ai-je pris le temps, les moyens pour que ce don de Dieu ne sommeille pas en moi mais pour qu’il parvienne à sa pleine maturité ?

Comment faire ? Ce don, nous dit saint Paul, « n’est pas un esprit de peur (…), mais un esprit de force, d’amour et de pondération. » (2 Timothée 1,7) Paul nous invite à puiser dans la source même que Dieu a installé au plus intime de nous-mêmes lors de notre baptême : il nous invite à nous ouvrir à l’Esprit-Saint qui est le souffle de notre vie. C’est la relation privilégiée que j’ai avec Dieu qui permet à la foi de se déployer. Cette relation passe par l’écoute de la Parole de Dieu et la prière. C’est dans le cœur à cœur avec Dieu, cœur à cœur confiant et aimant, que se fortifie ma foi.

La foi se fortifie aussi par le témoignage : « N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur. » (2 Timothée 1,8) Elle se fortifie par le témoignage que je reçois des autres, par l’annonce qu’ils font de leur rencontre avec Jésus-Christ, par le dépôt de la foi que me transmet notre Sainte Mère l’Église. Elle se fortifie aussi par le témoignage que je donne. C’est en apprenant à dire ma foi, à dire la foi de l’Église, que ma propre foi grandit. Oser témoigner en paroles et en actes… même si cela me donne quelques sueurs froides (c’est la part que je prends aux souffrances liées à l’annonce de l’Évangile), fait grandir ma foi, mon amour de Dieu.

Les lectures de ce dimanche nous invitent donc à avancer sur un chemin de confiance avec Dieu. Il est nécessaire que nous prenions notre part dans l’annonce de l’Évangile, que nous y consacrions le meilleur de nous-même et nous souvenant que nous ne sommes que « de simples serviteurs » (Luc 17,10). Nous sommes invités à laisser Dieu lui-même agir à travers ce que nous déployons pour annoncer l’Évangile.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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