Zachée, le mal-aimé ! Il est mal-aimé car collecteur d’impôts, il travaille pour l’occupant romain… et comme pour les collecteurs d’impôts de l’époque, il a la réputation de se servir au passage, ce qu’il confirme à Jésus un peu plus tard : « si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » (Luc 19,8). Il est mal-aimé car il est riche et que l’origine de sa fortune est douteuse. Il est mal-aimé car il est de petite taille et que cela est risible pour un homme de son rang : pour voir passer Jésus, il est obligé de monter dans un arbre ! Il y a là un comique de situation un peu humiliant pour lui, le chef des collecteurs d’impôts.

La vie de ce mal-aimé va être bouleversée par sa rencontre avec le Christ. Zachée, que l’on regarde avec mépris voir même ignoré au milieu de la foule, croise le regard de Jésus qui se pose sur lui : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » (Luc 19,5). Ce regard et cette interpellation sont bouleversants pour Zachée. Cela fait naître chez lui une joie profonde qui l’ouvre à quelque chose de neuf. Cette rencontre est une véritable renaissance pour Zachée et elle lui ouvre un avenir nouveau. Il semble être pris aux entrailles, remué au plus profond de lui-même par cette rencontre avec Jésus. Zachée vit une véritable expérience de la miséricorde qui lui permet devenir lui-aussi miséricordieux.

Nous avons là une illustration de ce que nous avons prié dans le psaume : « Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés. » (Psaume 144). Dans sa rencontre avec Zachée, Jésus ne lui demande pas de changer de vie. Il vient simplement le réintégrer dans sa dignité de fils de Dieu. C’est en redécouvrant cette dignité d’enfant de Dieu que Zachée adopte, de lui-même, un comportement d’enfant de Dieu ! Jésus est venu sauver ce qui était perdu ! (Luc 19,10) Nous avons bien là la pédagogie divine explicitée par le livre de la Sagesse : en manifestant son amour pour sa création, Dieu obtient la conversion du pécheur.

Cette interpellation de Jésus est pour chacun de nous. C’est chez nous que le Christ veut demeurer. Cette interpellation doit produire en nous une joie profonde qui doit rayonner dans toute notre vie. Pour cela, nous devons entendre et mettre en œuvre ce que Saint Paul écrit aux Thessaloniciens : « Nous prions pour vous à tout moment afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé. » (2 Thessaloniciens 1,11). C’est aussi ce que nous avons demandé au Seigneur dans la prière d’ouverture de la messe : « Dieu de puissance et de miséricorde, c’est ta grâce qui donne à tes fidèles de pouvoir dignement te servir ; accorde-nous de progresser, sans que rien nous arrête, vers les biens que tu promets. » (Oraison pour le 31ème dimanche ordinaire)

Ensemble, ouvrons-nous à la joie d’accueillir le Christ. Laissons Jésus nous appeler par notre nom. « Au plus profond de notre cœur, écoutons sa voix qui nous dit : « Aujourd’hui je dois demeurer chez toi », c’est-à-dire dans ton cœur, dans ta vie. Et accueillons-le avec joie : lui, peut nous changer, il peut transformer notre cœur de pierre en cœur de chair, il peut nous libérer de l’égoïsme et faire de notre vie un don d’amour. Jésus peut le faire : laisse Jésus tourner son regard vers toi ! » (Pape François, Angelus du 3 novembre 2013). C’est ainsi que nous entrerons sur le chemin des béatitudes que nous avancerons sur le chemin de tous les Saints du ciel que nous fêterons ce mardi ! Ame

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.