La Parole de Dieu proclamée ce dimanche fait partie de la littérature apocalyptique. Certains mots, suite aux événements dramatiques que nous vivons ces jours-ci, prennent une consistance particulière : « En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté… » (Marc 13,24) ou encore : « ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent jusqu’à ce temps-ci. » (Daniel 12,1) Devant ce déchaînement de violence, un cri monte de mon cœur : « POURQUOI ? Pourquoi, mon Dieu, tant de violence, tant de haine ? » et je sens que moi aussi je pourrai être tenté de laisser la violence et la haine déborder de mon cœur afin de réduire à néant celles et ceux qui défigurent Dieu en défigurant la vie. Il ne faudrait pas grand chose pour que je me laisse emporter dans la spirale de la haine et de la violence.

Alors je relis la Parole de Dieu et je me laisse toucher par les paroles d’espérance : « Jésus Christ, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. (…) Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. » (Hébreux 10,12.14) Il n’y a plus besoin de verser le sang, il n’y a pas besoin de kamikaze et de justiciers… Il me faut porter mon regard sur celui qui a offert sa vie pour moi, pour l’humanité : Jésus-Christ. Il me faut entrer dans son offrande pour me laisser conduire à la perfection de l’amour, pour me laisser sanctifier. La paix, le pardon, le dialogue se puisent à la source de l’Eucharistie en ce lieu où l’Eglise fait mémoire, rend présent le sacrifice du Christ.

C’est en contemplant le Christ mort et ressuscité que la prière du psaume devient ma prière : « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices ! » (Psaume 15(16) 10-11) Dieu ouvre devant nous le chemin de la Vie, il ne tient qu’à moi d’en faire le choix.

Chrétiens, c’est le combat de la paix et de l’amour fraternel que nous devons mener. Ne nous trompons pas de route ! Et ce combat commence dans nos propres vies en demandant au Seigneur de désarmer nos rancœurs, nos désirs de violence, de vengeance… en cherchant à bâtir la paix, la réconciliation au cœur de nos propres familles, de nos communautés humaines et chrétiennes… Ne laissons pas le Diable mener la danse de la division, de la haine, de la violence… mais prions et supplions le Prince de la Paix, le Christ lui-même, d’envoyer son Esprit afin que la prière de saint François soit l’unique moteur de ma vie :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

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