Au milieu d’une actualité morose, il est bon d’entendre l’appel de l’Apôtre Paul aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis soyez dans la joie. » (Philippiens 4,4). Retrouver le vrai sens de la joie, voilà un beau défi pour aujourd’hui ! Voilà une Bonne Nouvelle !

La joie, à laquelle nous appelle la liturgie de ce dimanche de Gaudete, n’est pas une euphorie passagère. Elle n’est pas une joie superficielle comme peuvent en procurer les plaisirs faciles de la vie ou les paradis artificiels. La joie que nous sommes appelés à vivre est « la joie du Seigneur ». Nous sommes appelés à participer à la joie de Dieu lui-même ! Incroyable !

Pour répondre à cet appel, peut-être nous posons-nous la question que la foule, les collecteurs d’impôts ou les soldats ont posé à Jean le Baptiste : « Que devons-nous faire ? » (Luc 3,10.12.14) C’est par des conseils pratiques que Jean Baptiste répond à cette question. Ces trois conseils sont faciles à mettre en œuvre aujourd’hui encore.

Le premier conseil, donné à la foule, invite au partage : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même. » (Luc 3,11) Ce qui procure de la joie, ce n’est pas le repli sur soi mais l’ouverture à l’autre. La principale règle de l’écologie humaine, pour habiter humainement la terre, est de s’occuper les uns des autres. « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir. » (Actes 20,35)

Le deuxième conseil, donné aux publicains (catégorie de gens plutôt aisés), mais qui s’applique également à chacun, est le suivant : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » (Luc 3,13) L’argent ne doit pas être notre maitre car il est source d’avidité et il risque de nous entrainer sur le chemin de l’insatisfaction et du désir d’en avoir toujours plus en se moquant de la loi, en exploitant les autres. Bref, il risque de nous rendre esclave dans le seul but d’accumuler toujours plus de richesse. Jean le Baptiste nous conseille simplement de cultiver les vertus d’honnêteté et de simplicité.

Le troisième conseil, donné aux soldats, à ceux qui ont l’autorité, est : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » (Luc 3,14) Jean le Baptiste invite à quitter les chemins de la violence et à ne pas imposer sa propre volonté en profitant de sa situation de domination.

C’est à un véritable chemin de conversion que nous invite Jean le Baptiste, chemin qui est encore vrai pour nous aujourd’hui. C’est le seul chemin possible pour nous préparer à accueillir le Sauveur, le Christ Jésus, pour vivre de sa joie. Pour entrer sur ce chemin, saint Paul nous donne de bons conseils : « Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce pour faire connaître à Dieu vos demandes. » (Philippiens 4,6) Nous participerons à la joie de Dieu dans la mesure où nous redécouvrirons l’importance de l’action de grâce, la prière et la supplication. La prière n’est pas faite d’une des trois mais une prière authentique est en même temps : action de grâce, prière et supplication.

Frères et sœurs, prenons au sérieux cet appel à vivre de la joie de Dieu, à être habité par celle-ci. Notre monde a besoin de cette joie ! Chrétiens, baptisés, c’est-à-dire plongés dans la vie même du Christ, soyons les messagers de cette joie de Dieu. Selon les circonstances, les événements de notre vie, cela peut nous sembler difficile… L’Année Sainte de la Miséricorde que vient d’ouvrir le pape François peut-être un bon moyen de nous laisser habiter par la joie de Dieu. Comme l’écrit le pape François : la miséricorde « est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est condition de notre salut. (…) La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. » (Pape François, Bulle d’Indiction de l’Année Sainte de la Miséricorde, n°2)

Alors, « soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche. » (Antienne d’ouverture du 3ème dimanche de l’Avent)

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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