En ce quatrième dimanche de Carême, la Parole de Dieu nous donne de méditer sur la miséricorde divine à travers la parabole dite du « Fils prodigue ». Dans celle-ci, Jésus nous livre quelque chose de fondamental sur l’amour du Père, sur la miséricorde de Dieu. Toute la pointe de la parabole est dans la personne du père qui n’est rien d’autre que la figure de Dieu. Regardons avec confiance ce Père tendre et miséricordieux.

Un de ses fils vient le trouver pour recevoir la part de fortune qui lui revient. Le père lui donne sans rien dire et il laisse partir son fils. Nous avons là une première leçon sur l’amour de Dieu, sur sa miséricorde : Dieu nous aime tellement que cet amour n’est pas captateur. Il nous laisse libre d’user de nos droits même celui de lui tourner le dos ! Même celui de le renier ! Dieu nous a créé libres tout en désirant que nous l’aimions mais il veut que cette décision de l’aimer soit une décision libre de notre part !

La seconde leçon que nous pouvons tirer sur la miséricorde du Père est qu’il attend que nous soyons prêt à revenir vers lui. Il attend, il espère, il guète ce mouvement de retour. Quand le fils qui a dilapidé tous ses biens, tout son héritage revient non pas comme un héros mais humblement, reconnaissant tout ce que le père fait même pour ses ouvriers, le père s’émeut et accoure pour se jeter dans les bras de son fils. Celui-ci a à peine le temps de dire : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. » (Luc 15,21) que le père le restaure dans sa dignité de fils. Ce jeune homme qui revient est son fils et il l’aime. C’est lui qui l’a engendré, qui lui a donné la vie, comment ne serait-il pas remué aux entrailles face à la misère de celui qui revient humblement, tête baissée ? Dieu nous aime comme ses enfants. Il nous laisse notre liberté mais cela ne diminue en rien l’affection qu’il nous porte.

Troisième leçon sur la miséricorde : le Père rétablit son enfant dans sa dignité de fils et il fait même une fête « car il y a une grande joie dans son cœur, dans sa maison. Son fils était perdu et il est retrouvé. C’est une victoire pour la miséricorde. Cette joie n’est pas seulement une joie intérieure, mais elle est pour tout le monde et les serviteurs vont préparer le repas. » (Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus, La joie de la miséricorde, p 22) La joie du père, sa miséricorde déborde. Elle est pour son fils mais tous en profitent. La joie qui émane du cœur de Dieu n’est que pas une joie égoïste, elle rejaillit sur tous ceux qui sont dans la maison quelque soit leur mission.

La quatrième leçon sur la miséricorde est dans la rencontre avec le fils ainé. Celui-ci ne comprend pas l’attitude de son père vis-à-vis de son frère qui a tout gaspillé. Lui, il est resté fidèle et a travaillé pour son père sans relâche, pourquoi n’a-t-il pas le droit à une fête lui aussi ? Le retour de son frère et l’accueil que lui a réservé son père le dépasse. Là encore l’attitude du père est magnifique : il sort à la rencontre de ce fils aîné. Il se met à ses genoux pour le supplier d’entrer et de se joindre à la fête, d’accueillir la joie qui jaillit de son cœur de père. Ce frère ainé n’a pas à être jaloux. L’amour de son père pour lui est tout aussi grands que pour l’autre fils : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. » (Luc 15,31) Le père l’invite à entrer dans sa joie car celle-ci est pour tous ! Accueillir cette joie de Dieu, c’est entrer dans le dynamisme de la miséricorde : quoique je fasse, l’amour de Dieu est toujours là. Il m’appartient, dans ma liberté, de reconnaître humblement cet amour et de l’accueillir comme la source de ma vie et d’entrer dans la joie de Dieu, dans la joie de la miséricorde. Amen.

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